Quinzaine des Réalisateurs 2018 - Reprise de la sélection

 date

du 24/05/2018 au 03/06/2018

 salle

Forum des Images,
Paris

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Vu de Paris, l’édition 2018 de la Quinzaine des Réalisateurs (la cinquantième !) ne semblait pas mémorable : « maigre moisson » et « inexplicable cortège de films indigents » pour Le Monde ou « particulièrement faible et lestée par une foule de film de gros bras ou en quête de sens pesant trois tonnes » pour Libération. Pour sa dernière édition à la tête de la manifestation cannoise, Édouard Waintrop avait pourtant fait valoir ses habitudes, qui lui avaient permis de concocter des volets précédents plutôt intéressants : place faite au film de genre, tropisme sud-américain (4 films sur 20), fidélité à certains cinéastes (Philippe Faucon, Jaime Rosales) et volonté d’intégrer des comédies.

C’est d’ailleurs par ce biais qu’on débuta notre mini-tour d’horizon, avec En Liberté !, film qui reçut certainement le meilleur accueil parmi l’ensemble des longs-métrages projetés. Jeune veuve d’un célèbre commissaire de police tué en pleine action, Yvonne, elle-même inspectrice, va découvrir la face sombre de son défunt mari et tenter de rattraper ses errements. Jouant aussi bien du comique de situation que de celui lié à de savoureuses répliques et dialogues, le film de Pierre Salvadori se fait burlesque jusqu’au grand-guignol dans certaines séquences tirant vers la parodie. Quelques moments très touchants et plus intimistes sont également réservés par le Français, permettant à ses comédiens (Adèle Haenel, Pio Marmaï, Audrey Tautou et Damien Bonnard) de briller et d’offrir une palette assez étendue.

Si le long-métrage aurait pu gagner à être encore resserré d’un quart d’heure, il travaille habilement le thème du double et des histoires plus grandes que le réel (cette légende qu’on préfère imprimer, pour reprendre la formule de L’Homme qui tua Liberty Valance), quand les personnages s’amusent à jouer des rôles, voire rejouent la même scène alors qu’ils sont censés être eux-mêmes. Face à cela, on finit par s’interroger tout le temps sur leur sincérité, sans que cela ne soit un problème dans la réception du film ; au surplus, celui-ci trouve quelques belles idées de mise en scène dans son souci d’éloigner ou de séparer les comédiens, à travers une cloison, une paroi ou même une distance de quelques mètres, comme si cette disjonction renforçait encore le propos sur la dualité.

Autre film français, Joueurs se veut une histoire d’amour et une forme de thriller dans le Paris des cercles de jeux. Avec Ella, qui tombe amoureuse d’Abel, habitué de ces lieux, le spectateur découvre donc cet univers dont la découverte des codes et personnages constitue la part la plus intéressante de ce premier film. Pour le reste, celui-ci déroule un canevas trop attendu, avec toute la prévisibilité de la trajectoire des deux héros, surlignée par un jeu pas toujours léger de Tahar Rahim (sa partenaire, Stacy Martin, faisant preuve de davantage de complexité, n’était sa forme de naïveté, résultant certainement de son attirance pour le jeune homme). Abusant un peu de faux raccords quand sa caméra panote et qu’un poteau ou une silhouette lui permet d’assembler deux plans, Marie Monge n’arrive donc pas pleinement à convaincre, ayant certainement cherché à trop en mettre.

À vocation documentaire, Samouni Road revient sur l’opération « Plomb Durci », tenue fin 2008-début 2009 par l’armée israélienne dans la bande de Gaza. Attaché à une famille de paysans, non affiliée au Hamas ou au Fatah, Stefano Savona interroge une petite fille, rescapée des massacres perpétrés par les soldats de Tsahal à l’endroit de dizaines de civils. Pour reconstituer ces exactions, mais aussi les souvenirs qu’a la petite de son père ou de ses frères, le réalisateur a recours principalement à du dessin sur papier gratté, au rendu proche de la craie sur tableau noir, ou bien à des images de synthèse façon caméra thermique embarquée sur un drone. Permettant de mettre à distance tout caractère spectaculaire, le premier procédé étonne par sa précision, la profondeur, voire l’émotion qu’il apporte à cette forme documentaire, tandis que le second gêne un peu au début, convoquant excessivement des vues proches du jeu vidéo.

Alors qu’en parallèle, on pourrait reprocher à l’Italien un mini-suspens un peu malaisant quant à la survie de la petite fille (alors qu’on l’a vue, au début du film, raconter en flashes-back ses souvenirs), la matière se fait suffisamment saisissante et forte politiquement. Sur ce point, le camp choisi est évident mais n’élude pas non plus un regard sur les tentatives de récupérations politiques de la mort de cette trentaine de civils palestiniens. Étrangère à ces manigances, la petite fille continue, pour sa part, à faire des dessins avec ses doigts dans le sable ou à l’aide d’un caillou sur une planche de bois, échos évidents aux crayonnés du réalisateur.

Autres reprises de la Quinzaine des Réalisateurs :
-  du 6 au 10 juin 2018 : Rome
-  du 12 au 17 juin 2018 : Florence
-  du 2 au 8 juillet 2018 : Cinematek – Bruxelles
-  du 12 au 25 septembre 2018 : dans des salles de cinéma adhérentes au Groupement National des Cinémas de Recherche

Dates de sortie :
-  Joueurs : 4 juillet 2018
-  En Liberté ! : 31 octobre 2018
-  Samouni Road : 7 novembre 2018

François Bousquet
le 06/06/2018

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