Festival Présences Electronique 2005 : Taylor Deupree + Kim Cascone / Fennesz

 date du concert

18/02/2005

 salle

Maison de la Radio,
Paris

 tags

Fennesz / Festival Présences Electronique 2005 / Kim Cascone / Maison de la Radio / Taylor Deupree

 liens

Kim Cascone
Fennesz

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Pour sa quinzième édition, le festival Présences de Radio France mettait en avant le jeune compositeur Marc-André Dalbavie, mais pour la première fois, celui-ci se voyait greffer un complément électronique intitulé Présences Electronique, soit 4 jours dédiés à la scène électronique actuelle. On fera l’impasse sur le premier soir qui servait de pont entre Présences et Présences Electronique avec une programmation très électro-acoustique, et le festival commencera donc ce soir pour nous avec Taylor Deupree et Kim Cascone en duo, puis Fennesz.

Adorant Taylor Deupree et connaissant insuffisamment le trop discret Kim Cascone, c’est vierge de toute attente que l’on aborde ce concert, ici présent par pure curiosité. Histoire de situer brièvement les deux artistes, on précisera que Taylor Deupree est à l’origine du label 12k, oeuvrant dans un registre minimal, ambient et micro-électronique. Kim Cascone quant à lui est peut-être moins présent sur la scène purement musicale en raison d’un nombre important d’activités connexes : travail pour le cinéma, les jeux vidéos, ou le site et mailing-list Microsound qui lance régulièrement des défis à ses membres en créant des morceaux sur un thème donné. Depuis cinq ans il sort ses productions sur son propre label : Anechoic, mais on peut également trouver ses productions chez Ritornell.
Mais c’est Maurizio Martinucci, responsable des visuels qui prend place en premier, suivi par les deux musiciens, qui s’installent derrière leur laptop. La musique du duo américain est ambient au sens premier du terme : des micro-sonorités électroniques semblent imiter le bruit du vent dans les feuillages, des croassements de grenouilles, de l’eau qui coule et leur musique se révèle donc particulièrement organique en comparaison à un début de visuels cliniques. On aura alors un peu de mal à rentrer dedans, et puis petit à petit l’électronique prend le dessus, les machines donnent l’impression de respirer d’un souffle lent et grave, un tourbillon métallique résonne sans cesse, le son devient plus dense, mais abstrait, de petits bruits s’emmêlent, se répondent timidement sur une nappe glacée. Du même coup les visuels gagnent en richesse et aux formes géométriques épurées se superposent, se croisent des photos hachées.
Mêlant épure contemplative et richesse expérimentale, le duo ne convainc pas totalement, propose de jolis passages, met en place des idées intéressantes mais peine à les faire s’articuler et construit au final un set inégal.

Il est 22h passée quand Fennesz prend place, seul au milieu de la scène, les deux grands écrans étant toujours présents sur scène. Equipement habituel : laptop et console de mixage, avec sa guitare comme on peut le voir depuis un an. C’est d’ailleurs avec celle-ci qu’il commence son set : diffusion de quelques jolies nappes granuleuses sur lesquelles il vient plaquer quelques accords qui subissent le même genre de traitement. C’est joli, mélancolique et dans la lignée de Endless Summer, même si les visuels de Jon Wozencroft nous rappellent que le dernier album de Fennesz est Venice. Pendant 40mn seront diffusées de superbes images de reflets dans l’eau, plane sur les passages apaisés, formant de petites ondulations autour des gouttes de pluie qui tombent pendant les crépitements de bruit numérique, ou même de grosses vagues qui viennent s’écraser sur le sable lorsque le bruit semble imiter une respiration. Ce fut un plaisir de voir ce mélange musique/visuels, mais la musique quant à elle nous laissera perplexe : le bruit, ces souffles crépitants, ne semblent plus être qu’un prétexte, une marque de fabrique, un modèle déposé, made in Fennesz, car au second plan les nappes tournent en roue libre, les accords tenus pendant 10 secondes s’enchaînent à l’infini, et Fennesz nous donne l’impression de faire de l’ambient au kilomètre. Pire, lors d’un morceau ces nappes semblent complètement déconnectées du bruit, comme si deux samples étaient maladroitement mis en parallèle. Certes, quelques problèmes techniques de laptop menaçant de planter, et un besoin de coller aux images venaient peut-être perturber l’artiste autrichien, l’empêchant de faire un concert réellement improvisé, mais on ressortira de là tout de même déçu, nous donnant l’impression d’avoir assisté à un concert promo pour la sortie de Venice, autrement dit une prestation complètement déplacée au sein de la Maison de la Radio et de ce type de festival.

Fabrice ALLARD
le 20/02/2005

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