Nokuit

Reality Disappears After Waking / Disrupted Sleep

(NKT Records / Internet)

 date de sortie

04/11/2016

 genre

Electronique

 style

Ambient / Expérimental

 appréciation

 tags

Ambient / Expérimental / NKT Records / Nokuit

 liens

Nokuit
NKT Records

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On ne vous dira pas grand chose de Nokuit dont on ne connait même pas le nom, l’artiste londonien semblant se cacher derrière un pseudo pour sortir ses productions les plus expérimentales alors qu’il compose par ailleurs des musiques de films... Comme on peut le deviner il est aussi derrière NKT Records, sa propre structure sur laquelle il sort ses productions au format cassette.

Puisque l’on ne peut guère aller plus loin pour introduire cette 3ème production de l’artiste (toutes les 3 sorties en 2016), passons à l’essentiel, à savoir la musique ici présentée sous la forme de 2 pièces de 38 et 20mn. Première cassette, on démarre avec Reality Disappears After Waking que l’on pourrait voir comme une longue divagation sonore alternant entre sombres expérimentations électroniques, improvisations acoustiques et percées mélodiques. La musique de Nokuit se mérite, il faut se laisser le temps de l’apprivoiser, affronter son introduction très expérimentale à base de pulsations de basses saturées, de craquements, frétillements, grincements lointains et textures tournoyantes pour finalement percevoir au bout de 7mn un envol de nappes mélodiques franchement inattendues, que l’on percevra même comme une délivrance.
Une accalmie rassurante mais de courte durée puisqu’une sorte de sirène de cargo saturée assure un sombre relais avant de se voir accompagnée par quelques tonalités ambient. Le morceau se poursuit ainsi, oscillant magnifiquement entre séquences expérimentales voire arides (drones nasillards, percussions industrielles, field recordings, improvisations acoustiques) et beauté de nappes mélodiques fragiles, parfois éraillées, d’une mélodie de piano, qu’elle soit simple, limpide, où mêlée à des textures grésillantes qui se dispersent en fin de morceau.

Une très belle première partie donc, plutôt équilibrée entre expérimentations et esquisses mélodiques, alors que le 2ème volet se révèle être beaucoup plus expérimental, et en particulier plus sombre. Disrupted Sleep démarre ainsi par une longue introduction qui mérite le qualificatif de dark ambient avec ses grognements réguliers, ses ronronnements, petits frétillements métalliques, et un peu plus loin ses tonalités nasillardes parfois proches du crissement. Les glissements et bribes vocales qui apparaissent a mi parcours ne font illusion qu’un court instant, rapidement rattrapés par un amoncellement de coup et frétillements aux consonances industrielles.
S’il dure une vingtaine de minutes ce titre subit de régulières fractures qui donnent l’impression d’une succession de morceaux assez différents, à l’image de cette séquence de field recordings et mélodie de cloches, ou cette superbe texture mélodique, frétillante et hachurée qui conclue l’album.

Un album sombre et expérimental, pas forcément facile d’accès, mais qui trouve son équilibre avec l’apparition de quelques superbes plages mélodiques, aussi belles qu’inattendues.

Fabrice ALLARD
le 02/07/2018