Tomoko Sauvage / Andrew Pekler

 date du concert

26/06/2018

 salle

Jeu de Paume,
Paris

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Andrew Pekler / Jeu de Paume / Tomoko Sauvage

 liens

Andrew Pekler
Jeu de Paume
Tomoko Sauvage

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À l’occasion du lancement de Fourth Worlds, sa nouvelle exposition en ligne, le Jeu de Paume organisait une soirée consacrée à l’ethnographie imaginaire. Après une introduction de la Directrice du lieu, Stefanie Kiwi Menrath, commissaire de l’exposition, présenta les ressources numériques convoquées pour cette proposition : disques et films, sélectionnés pour leur capacité à documenter des peuples et des territoires qui n’existent pas.

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Andrew Pekler

Dans cette lignée, le site internet de l’institution parisienne inclut aussi un lien vers le projet Phantom Islands d’Andrew Pekler, carte interactive des îles imaginaires, chacune étant associée à une partition musicale réalisée par l’Allemand. Au reste, l’an passé, lors de Présences Électronique, le musicien avait donné un concert autour de cette thématique ; prolongement en cette chaude soirée de juin avec un set, donné dans le confortable auditorium, où Andrew Pekler se trouvait dos au public et face à l’écran. Les trois premiers morceaux du concert nous parurent néanmoins opérer dans une parfaite continuité avec notre souvenir de sa prestation d’avril 2017 : bribes musicales, samples d’oiseaux pépiants, bruits d’eau, travail plutôt minimal. Au mur étaient diffusées des images un peu passées ou en noir et blanc de végétation.

Parvenu à la moitié de son concert, l’Allemand fit apparaître des rythmiques et des éléments plus électroniques (sifflements, larsens, bleeps). Dans le même temps, les vidéos étaient constituées d’images solarisées, aux couleurs vives, quasi-psychés. Des instants plus industriels et métalliques apparurent enfin, avec des frappes percussives, comme si des plaques ferreuses étaient cognées ou bien que des machines-outils étaient échantillonnées.

Invité à retourner au rez-de-chaussée, dans l’espace éducatif, le public y trouva Tomoko Sauvage pour une nouvelle déclinaison de concert avec ses waterbowls. Intitulée Pacific Pacific, sa performance ambitionnait de tourner autour des mouvements de l’océan éponyme et des peuples qui le bordent. Précisément, une nappe sonore fut mise en place, formée par des bruits de foule et paroles indistinctes ; dessus, la jeune femme rajouta des tapotements produits par les coups d’un caillou sur sa table en métal pourvue de capteurs. Un autre caillou fut tapé contre un troisième plongé dans un bol, avant d’être frottés l’un contre l’autre, permettant de jouer sur la résonance du son dans l’eau.

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Tomoko Sauvage

Plus tard, ce furent deux petits cailloux-éponges effervescents qui furent introduits dans ses bols en verre transparent, générant des crépitements plus ou moins aigus en fonction de la taille du récipient. Tomoko Sauvage combina ceux-ci à des larsens obtenus en faisant vibrer la surface de l’eau avec sa main, retrouvant un geste bien connu de sa part. Visuellement, une caméra était placée au-dessus d’elle, permettant de voir le contenu des bols sur le mur du fond, tandis que deux lampes de poche éclairaient les bols, créant des reflets sur les murs, sortes d’ondes vibrantes d’eau déplacée. Pour terminer, et afin de définitivement faire le lien avec le Pacifique, elle se saisit d’un coquillage qu’elle plongea dans l’eau : les bulles d’air qui sortirent de sa carapace produisirent une rythmique intelligemment gérée.

François Bousquet
le 27/06/2018

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