Festival Présences Electronique 2005 : Main / Sogar + Sébastien Roux / FabriqueDeCouleurs

 date du concert

20/02/2005

 salle

Maison de la Radio,
Paris

 tags

Arnaud Rebotini / FabriqueDeCouleurs / Festival Présences Electronique 2005 / Main / Maison de la Radio / Robert Hampson / Sébastien Roux / Sogar

 liens

Main
Robert Hampson
FabriqueDeCouleurs

Dernière soirée à la Maison de la Radio dans le cadre de cette première édition du festival Présences Electronique, avec pour terminer l’affiche la plus francophone avec Arnaud Rebotini, Sébastien Roux, et FabriqueDeCouleurs. Ayant déjà vu ces artistes, notre principale motivation ce soir se trouvait dans la présence de Main que nous n’avions jamais vu en concert.

Une nouvelle fois les concerts commencent à l’heure. 18h30, les lumières diminuent leur intensité et nous plonge dans l’obscurité. Sur l’écran, un homme parle. On lui trouvera une certaine ressemblance avec Arnaud Rebotini qui lui est au milieu du public, à la console de mixage. Une musique très rythmique, des percussions très dures qui évitent toute structure, puis un solo de piano, on a alors l’impression d’assister à une succession de clichés sur un film assez clinique qui se suffit à lui même. Seul intérêt à cette prestation, quelques liens, connexions sonores entre le film et la musique, celle-ci venant parfois souligner une scène.

On enchaîne avec Main, soit Robert Hampson, également à la console de mixage, mais cette fois sans support visuel. D’ailleurs il n’y en a pas besoin : les images sont intégrées dans la musique de Main puisque celle-ci se rapproche de la musique concrète. Les fields recordings utilisés sont assez vagues, bruits de foules qui pourraient être n’importe où, on pensera à un hall de gare sans en être certain, on distingue à peine de petits piaillements enfantins pour commencer, et puis cet environnement sonore qui peut nous sembler connu se retrouve envelopper de souffles, nappes, drones qui tendent à étirer le temps, à créer un déphasage entre ce qui prend place dans un espace-temps donné et des sons infinis qui nous font perdre la notion de temps. Le concert est basé sur cette alternance entre éléments concrets et abstractions sonores, comme un va et vient incessant entre le réel et l’irréel, même si l’un et l’autre viennent sans cesse nous rappeler à l’ordre. Passages ambient délicats avant de se faire happer par un souffle qui emporte tout sur son passage, la musique de Main ne laissa personne indifférent ce soir. Il fut en effet largement applaudi, ayant apparemment convaincu aussi bien les fans de musiques électroniques que les amateurs d’expérimentations électro-acoustiques qui remplissaient la salle pendant ces 4 jours.

Le temps de déplacer une grande table où trônent quelques laptops, et le concert suivant peut commencer, avec de gauche à droite Thomas Einfeldt, Sogar, et Sébastien Roux. On était ici a priori conquis d’avance, et pourtant ce concert fut une petite déception. Dès le début, des notes de guitare claire sortie d’un laptop sur lesquelles se posent quelques bruitages électroniques nous laisse perplexe. Des petites cassures, un set qui d’ailleurs changeait sans cesse de direction, donnait à la fois une impression de compilation d’un savoir-faire, et d’un besoin de "sonner" musique contemporaine parce que ce concert était dans le cadre d’un festival organisé par le GRM. Aussi, les bonnes idées n’ont que trop rarement le temps de s’installer, de se développer.
Au niveau des visuels, là aussi c’est un peu chaotique, parfois un peu facile, et pas toujours en phase avec la musique. Thomas Einfeldt ne semble pas toujours à l’aise sur la partie animation et enchaînements, mais se révèle être un véritable orfèvre dans la disposition de différents clichés, dans le cadrage, afin que ceux-ci se répondent entre eux.
Une prestation en demi-teinte donc, puisqu’on sortira de ce concert avec l’impression de ne jamais y être vraiment rentré.

Pour terminer, FabriqueDeCouleurs, projet d’Emmanuel Allard (absolument rien à voir avec l’auteur de cette chronique), dont on avait déjà pu apprécier les jouissifs piratages sonores, à condition que cela ne dure pas trop longtemps.
Il commence de la même manière, avec environ deux minutes de bruits fracturés, souffles denses, mais c’est le genre de chose qui rend mieux à l’Espace Console que dans la salle Olivier Messiaen. Et puis il passe du coq à l’âne, et nous diffuse pendant 1mn30 une rapide mélodie de piano, un enregistrement semblant être de mauvaise qualité, plein de reverb. Mélodie qui s’arrête net, laissant place à un vrombissement grave et linéaire qu’il ne lâchera plus. On se demande si son ordinateur ne s’est pas figé, mais l’artiste reste concentré, et augmente doucement le volume, tourne quelques potentiomètres sur la console de mixage donnant imperceptiblement une coloration différente à ce son qui sera bientôt perçu comme uniquement du bruit. Dans la salle les impressions diffèrent. Il y a ceux qui fuient, il y a les flashs qui crépitent afin de figer cet instant qui sera peut-être culte un jour, et ceux qui hurlent, dont on ne saura jamais s’ils voulaient plus de volume ou s’ils criaient au scandale.
On restera là, attendant que ça se passe, se demandant comment il allait se sortir de cette impasse, comment il allait enchaîner. Mais il n’y eu point d’enchaînement. Après 12 minutes de ce son, il coupe net, le public applaudi. Du moins une partie du public. On trouvera la prestation amusante, comme un pied de nez aux institutions musicales, aux musiques dites savantes, mais était-ce bien là la motivation de FabriqueDeCouleurs ?...

Fabrice ALLARD
le 20/02/2005

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