Suumhow

Crash_Reports

(n5MD / Import)

 date de sortie

20/07/2018

 genre

Electronique

 style

Electronica

 appréciation

 tags

Electronica / n5MD / Suumhow

 liens

n5MD

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Entamer l’écoute de Crash_Reports, premier album de Suumhow, c’est se replonger une vingtaine d’années en arrière. De fait, entre les supports de parution physique proposés par n5MD (un CD et un MiniDisc !) et la musique offerte par le duo bruxellois (une IDM très marquée par ce qui se faisait au tournant du siècle), c’est une virée vers cette période qui nous est ainsi donnée à vivre. À ce sujet, et ces pages ont déjà pu régulièrement le souligner, la réception d’un album est aussi, voire beaucoup, une affaire de contexte ; sous ce rapport, écouter un disque de pure electronica mi-2018 ne nous procure pas la même sensation qu’il y a quinze ou vingt ans. De fait, après avoir énormément suivi cette scène et avoir recensé des dizaines de sorties de ce style musical, ces pages s’en sont un peu éloignées ; y revenir suscite donc inévitablement un effet « madeleine », mais aussi une forme de fraîcheur, voire de virginité de l’écoute.

Passée une plage introductive, c’est donc face à des rythmiques légèrement grésillantes, une nappe enveloppante, des suites d’accords chargées de l’aspect mélodique, des souffles d’arrière-plan et même les inévitables babillements d’enfants qu’on se trouve confronté. Régulièrement, suivant les morceaux, l’un ou l’autre de ces éléments se trouve davantage mis en avant, comme s’il s’agissait de leur laisser faire un petit solo (les nappes dans l’arythmique .4 ou la saturation granuleuse qui couvre la première moitié de Cetii, par exemple). Pour ce faire, Suumhow joue sur la longueur de leurs titres, prêts à les étirer au-delà des sept minutes, comme à les contenir en-dessous des cinq minutes, en fonction des besoins.

Plus encore, les Belges démontrent avoir parfaitement ingéré et digéré les productions electronica et IDM passées, en maîtrisant impeccablement la construction de chaque titre. Passant, au sein du même morceau, de temps de répit à des moments plus soutenus, Suumhow sait aussi combiner fort habilement rythmiques complexes et touches chromatiques charmeuses (Aywille, Dunningkruger, Neuce) ou bien relancer leurs rythmiques après un léger break (Carne).

Face à une telle réussite, on se prit alors à rêver de pouvoir assister bientôt à un concert des Bruxellois, et pourquoi pas dans leur propre ville, lors du traditionnel Bozar Electronic Arts Festival. Sauf que… de Bozar Electronic Arts Festival il n’y a plus, la manifestation ayant été « remplacée », à compter de cette année, par une déclinaison bruxelloise des Nuits Sonores lyonnaises à la programmation, certes électronique, mais moins aventureuse et moins dans notre spectre, que celle du BEAF. Il faudra donc une autre occasion, qu’on n’espère pas trop lointaine…

François Bousquet
le 30/08/2018

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