Francisco Tropa : La Moustache cachée dans la Barbe

 date

du 02/06/2018 au 23/09/2018

 salle

Grand Café,
Saint-Nazaire

 appréciation
 tags

Francisco Tropa / Grand Café

 liens

Grand Café

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Parmi les lieux d’exposition que nous fréquentons, le Grand Café n’est pas nécessairement celui dans lequel les artistes conviés prennent le plus en compte l’histoire passée du bâtiment ; et pourtant, l’espace saint-nazairien, situé à un carrefour, à proximité du port, de la plage et de la base sous-marine, dans ce qui, historiquement était le centre-ville, a connu diverses vies. Invité à occuper les lieux pour la saison estivale, Francisco Tropa entreprend donc de les réactiver, en travaillant niveau par niveau.

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Vue de l’exposition

Au rez-de-chaussée, c’est une sorte de café qui est reconstitué (puisque, comme son nom l’indique, le Grand Café en fut un) : petites tables et chaises pliantes sont disposées au hasard, des quotidiens sont accrochés sur une structure métallique et il est proposé du véritable café aux visiteurs. Plastiquement parlant, le Portugais y installe une dizaine de petites créations, jouant sur l’idée de mécanisme et de mouvement circulaire : dispositifs de jeux d’eau, appareils constitués avec des poulies et chaînes, engins électriques, etc… La réutilisation et le recyclage se trouvent ainsi au cœur du processus, relayant le concept plus global de régénération sous-tendu par le propos autour du lieu. À côté de ces mécanismes, des petites sculptures aux formes indistinctes (dont on saisit la signification à la lecture de la légende, tel ce proto-buste féminin mal dégrossi intitulé République) et des petites maquettes, façon scènes de théâtre, où, selon le cas, une porte, une fenêtre ou une trappe sont ouvertes. Dans toutes ces créations se trouve sollicité l’imaginaire du visiteur déjà invité à se projeter dans le passé du lieu.

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Vue de l’exposition

À l’étage, c’est une revisitation de l’ancienne salle de bal qui est proposée, avec des sculptures de mannequins en bronze tournant sur elles-mêmes, comme des danseurs qui ne s’arrêteraient jamais d’évoluer, ivres de leurs propres mouvements. Au mur, ce sont des sérigraphies décalquant des publicités issues des boîtes aux lettres nazairiennes (réclames diverses, petites annonces) qui sont accrochées, afin de se relier, non plus simplement au bâtiment mais aussi à la ville qui l’abrite. À nouveau, réemploi et récupération se situent au cœur des préoccupations de Francisco Tropa, obsessions certes très classiques chez les plasticiens contemporains mais qui trouvent ici un développement pas inintéressant.

François Bousquet
le 24/08/2018

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