JFDR

White Sun Live. Part I : Strings (EP)

(Morr Music / La Baleine)

 date de sortie

03/08/2018

 genre

Rock

 style

Folk

 appréciation

 tags

Folk / JFDR / Morr Music

 liens

Morr Music
JFDR

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Pour sa première sortie sur Morr Music, JFDR (soit le projet solo de Jófríður Ákadóttir, l’une des deux sœurs formant Pascal Pinon) opte pour une relecture de chansons déjà connues de ses auditeurs fidèles. De fait, il s’agit de réenregistrer, accompagnée de sa sœur aux chœurs et piano ainsi que d’un quintette à cordes, six titres issus de son répertoire solo, mais aussi des disques de Pascal Pinon ou de Samaris (un autre groupe dont elle fait partie). Si la démarche peut un peu étonner (avec une carrière aussi jeune, en être déjà à des réinterprétations, même orchestrées autrement), elle permet de réécouter quelques morceaux bien écrits et enrobés d’une autre manière, et, par conséquent, de se lancer dans un petit jeu d’identification des différences.

Somewhere était ainsi l’un des plus beaux titres du deuxième album de Pascal Pinon, avec ses nappes d’arrière-plan, ses guitares acoustiques et les voix mêlées des deux Islandaises. Ici, les nappes sont naturellement prises en charge par les cordes, gagnant en suavité mais perdant ce côté granuleux et tremblotant qu’elles avaient à l’origine, et prenant de la place jusqu’à recouvrir presque les « la-la-la » des deux sœurs. Autre morceau provenant du même long-format, Evgeny Kissin était initialement très bref (moins d’une minute trente) et ne mettait aux prises que les voix des sœurs Ákadóttir ; cette fois-ci, les cordes tissent un tapis assez soyeux tandis que le piano intervient par bribes et que les paroles sont dédoublées, pour faire parvenir la chanson jusqu’aux environs des quatre minutes. Piochant dans le troisième album de Pascal Pinon, Jófríður Ákadóttir en extrait ensuite Orange, marqué à la base par son piano solo. On retrouve ici ce même clavier, mais avec le quintet à cordes autour.

Ensuite, c’est le tour de morceaux du propre répertoire solo de JFDR, occasion de s’y pencher pour la première fois et de souligner leur spécificité, venant particulièrement de l’apport de petites rythmiques électroniques et de la symétrique discrétion de la partie vocale. L’arrangement instrumental se fait naturellement, sur cet EP, plus dépouillé et acoustique, laissant la voix de la jeune femme en majesté, voire un peu trop en avant (White Sun et Instant Patience). Reste, pour clôturer cette description, un titre issu du prochain album de JFDR (My Work) dans lequel les différentes composantes (arpège de guitare acoustique, voix et cordes) s’avèrent plus équilibrées.

Au total, si l’exercice peut s’avérer assez anecdotique sur le papier, il nous donne quand même l’occasion de prendre des nouvelles de cette scène islandaise et de passer une vingtaine de minutes tout à fait agréables.

François Bousquet
le 17/09/2018

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