Céleste Boursier-Mougenot : Fluides

 date

du 30/06/2018 au 30/09/2018

 salle

HAB Galerie,
Nantes

 appréciation
 tags

Céleste Boursier-Mougenot / HAB Galerie

 liens

HAB Galerie

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Sans être un artiste figurant dans la « collection » du Voyage à Nantes (aucune de ses œuvres n’est présente en permanence dans l’espace ligérien), Céleste Boursier-Mougenot reste néanmoins associé à cette manifestation, tant sa version de from here to ear (cette installation dans laquelle des petits oiseaux viennent se poser sur des guitares électriques), donnée en extérieur, Place du Bouffay, en 2009, avait marqué les esprits. C’est donc le fil de ce compagnonnage qui est repris avec cette exposition personnelle que lui consacre la HAB Galerie pour cette saison estivale, traditionnellement dévolue à l’un des plasticiens constitutifs du Voyage à Nantes.

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from here to ear
(courtesy Galerie Xippas)

La volière, ses cinquante couples de mandarins, ses seize guitares électriques et ses quatre basses y est, au reste, bien présente, cette installation pouvant être lue comme une signature de l’artiste français et que nous avions, pour notre part, déjà appréciée il y a quelques années au 104. Le ressenti est cependant plus fort ici puisqu’il est loisible au visiteur de pénétrer dans l’espace, de marcher au milieu des oiseaux et de passer à proximité des instruments. Au-delà de l’aspect immersif, l’impression d’aléa y joue à plein puisque les mouvements des mandarins s’avèrent, par nature, imprévisibles et le son peut alors venir de n’importe lequel des vingt amplificateurs disposés en périphérie de la volière. Cette volonté de faire baigner le spectateur dans un ensemble constitué d’ondes et de fluides (pour reprendre le titre de l’exposition) irrigue toute la présentation.

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Vue de l’exposition

Dès le sas d’entrée, teint par des films adhésifs rouges recouvrant les grandes baies vitrées, un son lointain se fait entendre, dont on apprendra plus tard qu’il est réalisé à partir du mouvement de la sève des trente-cinq chênes-lièges disposés dans l’espace principal de la HAB Galerie. Dans celui-ci, l’empreinte d’un piano à queue est reproduite au sol, faisant réagir également l’instrument au déplacement du liquide contenu dans les arbres. Autre interaction entre nature et musique, aura est une batterie sur laquelle tombent des noyaux de cerises, dont la chute est déclenchée en fonction du niveau des ondes HF entourant l’installation (wi-fi, téléphones mobiles, etc…).

Rejouant ainsi les interférences entre homme et nature, mais en laissant à cette dernière la place principale, l’exposition de Céleste Boursier-Mougenot confirme tout le talent du Français et sa capacité à créer des dispositifs à la fois immédiatement accessibles et conservant leur part de mystère.

François Bousquet
le 03/09/2018

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