Arve Henriksen

The Height Of The Reeds

(Rune Grammofon / Differ-ant)

 date de sortie

31/08/2018

 genre

Jazz

 style

Ambient

 appréciation

 tags

Ambient / Arve Henriksen / Rune Grammofon

 liens

Arve Henriksen
Rune Grammofon

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Fin d’été assez riche sur le plan éditorial pour Arve Henriksen qui voit certains de ses travaux récents être couchés sur support physique. De fait, en même temps que paraît en vinyle son album Composograph, initialement publié uniquement de manière digitale, le Norvégien sort, en CD et vinyle, The Height Of The Reeds, bande-son d’une installation donnée au printemps 2017 dans la ville britannique d’Hull. Diffusées dans les écouteurs des promeneurs qui traversaient le pont du Humber (cet estuaire de la côte est de l’Angleterre), cette quarantaine de minutes avait pour ambition de s’attacher aux relations maritimes entre la ville portuaire et la Scandinavie. En écho, Henriksen s’était entouré de trois autres musiciens pour ce projet, deux Norvégiens (Eivind Aarset et Jan Bang) et un Anglais (Jez Riley French), histoire de tracer, là aussi, un pont entre les deux pays.

Musicalement, comme il s’agissait d’accompagner une déambulation un peu rêveuse, au contact du champ des possibles qu’offre un estuaire, on ne sera guère surpris de se trouver face à un travail quasi-ambient, jouant sur les silences entre les interventions de trompette ou bien travaillant autour des field recordings et samples délivrés respectivement par Jez Riley French et Jan Bang. Plus encore, pour accentuer l’aspect un peu imaginaire et le lien maritime, Arve Henriksen pose, par endroits, sa voix de tête, à la manière d’une mélopée de sirène qu’on finit par avoir du mal à distinguer de son instrument. La conjonction de tous ces éléments, assez discrets dans leur ensemble, laisse assurément à l’auditeur suffisamment de place pour remplir à sa guise les creux et les temps vacants, profitant de la permanence résonnante ou de l’ampleur du son du cuivre.

Une instrumentation plus riche peut, toutefois, être sollicitée par Henriksen qui, sur Is There A Limit For The Internal ?, s’entoure d’un ensemble symphonique anglais, tirant une partie du morceau vers des rivages forçant le trait dans l’illustration orchestrée (flûtes, timbales, cordes). Fort heureusement, Eivind Aarset intervient rapidement pour délivrer quelques notes isolées de guitare, et repositionner le tout dans des climats plus minimalistes. Quitte à orchestrer plus abondamment leur propos, on préfèrera quand les quatre musiciens se tournent vers quelques petites rythmiques électroniques aux consonances aquatiques (Waders) ou bien vers une conjonction cordes-Glockenspiel toute doucereuse (Pink Cherry Trees).

François Bousquet
le 04/10/2018

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