Wako

 date du concert

24/10/2018

 salle

Maison de Norvège,
Paris

 tags

Maison de Norvège

 liens

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Organisée dans le cadre du festival Jazz à la Cité, la venue de Wako à la Maison de Norvège était déjà la quatrième pour ces familiers d’un lieu toujours aussi accueillant. Pour notre part, c’est afin de découvrir cet autre projet de Kjetil André Mulelid, dont on apprécie le travail avec son trio signé sur Rune Grammofon, que nous nous sommes dirigés sur place, pour une heure de jazz norvégien. Alors que la configuration piano-basse-batterie offre quelque chose d’assez traditionnel, le présent quatuor permet de développer un caractère plus free.

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Wako

C’est ainsi que les frappes rapides sur la batterie, notamment sur les cadres des toms, les suites de deux ou trois notes répétées au piano ou les envolées enfiévrées de saxophones furent convoquées, sur des morceaux proposant souvent le même schéma : collaborations disparates et feutrées au début, puis montée en puissance au gré de l’affirmation des interventions et des poussées sonores. Alors que seule la contrebasse de Bárður Reinert Polusen se contentait d’un jeu plus lié, attaquée à l’archet, Martin Myhre Olsen passait d’un saxophone soprano à un saxophone alto, voire… jouait des deux en même temps en mettant les deux becs dans sa bouche et tenant chacun dans une main. Plus loin, il put aussi introduire une canette de soda en métal, ou bien un gobelet en carton, dans le pavillon de son instrument alto, afin de se servir de ces ustensiles comme d’une sourdine.

Pour assurer les transitions entre les titres, la contrebasse pouvait être jouée pincée, avec des tirés sur les cordes jusqu’à faire sortir celle de « mi » et « sol » de l’axe du manche, ou alors des roulements délicats sur le hi-hat en position ouvert étaient réalisés par Simon Olderskog Albertsen. Ces intermèdes s’avéraient, en effet, nécessaires afin de passer d’une improvisation à l’autre, dans un set très majoritairement imaginé au fur et à mesure, basé sur quelques parties écrites (ou « esquisses » pour reprendre le terme de Simon) mais en grande partie ouvert à la liberté de jeu des quatre musiciens.

Il en résulta un aspect un peu bricolé ou éclaté, en train de se créer, même quand cela partait d’un morceau déjà présent sur leur tout récent album : saxophone et batterie détimbrés, cordes de contrebasse étouffées et piano plus détaché et mélodique. Précisément, Kjetil André Mulelid eut aussi, comme ses trois compagnons, son moment de solo, qu’il accompagna d’un chant murmuré, dans la tradition de ce type d’exercice. Enfin, pour terminer, un rappel plus enlevé et concis, porté par deux notes répétées de piano et contrebasse, une batterie jouée frénétiquement façon be-bop et un solo de saxophone alto, vint clôturer un concert apprécié par la cinquantaine de personnes présentes.

François Bousquet
le 29/10/2018