Festival Soy #16 : Anne Müller / Saåad

 date du concert

01/11/2018

 salle

Museum d’histoire naturelle,
Nantes

 tags

Festival Soy #16 / Museum d’histoire naturelle / Saåad

 liens

Saåad
Festival Soy #16

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Après une édition 2017 qui nous aura véritablement intéressés, la seizième occurrence du Festival Soy s’annonçait moins passionnante avec, par exemple, des concerts en soirée très indie-rock et, donc, plutôt éloignés des préoccupations de ces pages. Nous avons alors fait le choix de nous concentrer sur les plateaux d’après-midi, donnés dans deux des musées nantais : le Museum d’histoire naturelle et le Musée d’Arts. En ce jeudi de Toussaint pluvieux (pléonasme !), notre séjour ligérien débuta de très bonne manière, par deux sets donnés dans des conditions d’écoute impeccables (rangées de l’amphithéâtre du Museum disposées en gradins, fauteuils très confortables, volume sonore parfaitement réglé).

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Anne Müller

Connue comme accompagnatrice de plusieurs artistes défendus sur ces pages (Nils Frahm, FS Blumm, Erik K. Skodvin, Ólafur Arnalds), Anne Müller est en train de s’aventurer, en parallèle, dans une carrière solo. Un album est ainsi annoncé pour 2019 et elle vint en présenter quelques extraits, aux côtés de morceaux issus de sa collaboration avec Nils Frahm. Tout de noir vêtue, ayant retiré ses chaussures pour pouvoir mieux manipuler pédales, sampler et nombreux potentiomètres situés à ses pieds, l’Allemande livra quarante-cinq minutes de musique entre néo-classique et ambient. Elle superposait ainsi ses interventions, majoritairement jouées à l’archet, pinçant parfois ses cordes ou donnant quelques coups sur le devant ou l’arrière de la caisse de son instrument.

Travaillé par une belle profondeur, une certaine densité et un aspect enveloppant, son propos manquait toutefois peut-être un peu de singularité par rapport à toutes les autres propositions de violoncelle solo entendues ces derniers mois. Sauvée assurément par sa sincérité (quand elle indiqua tout le bonheur qu’elle avait, en tant que musicienne classique, à expérimenter et introduire ces éléments électroniques), Anne Müller termina son concert par un titre au jeu de l’archet plus rapide, tempéré par des basses tenues provenant du sampler et quelques vocalises.

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Saåad

Placés sur l’estrade (alors que l’Allemande était au pied de celle-ci), les Français de Saåad prirent la suite, après une pause. Alors qu’on se souvenait d’un concert assez sombre et lourd, vu il y a plus de quatre ans, le présent concert se distingua par une configuration toute autre. En effet, alors que Romain Barbot officiait toujours aux machines (système modulaire personnel à 4 étages et petit synthé analogique, lançant souffles, nappes et textures synthétiques) Greg Buffier se trouvait face à un large bol et six tubes métalliques. Frappés, caressés, frottés par un archet ou tapotés, ces ustensiles permirent de jouer sur les résonances et sur l’ampleur des sons ainsi générés. Muni d’un petit capteur tantôt accroché à ces matériaux, tantôt mis en bouche pour ajouter encore plus de souffles, Buffier put aussi jouer d’une guitare électrique, couchée sur la table, en pinçant les cordes.

Associées aux autres éléments, celles-ci constituèrent un ensemble particulièrement onirique : capteur joué comme un happeau, pépiements d’oiseaux, caractère luxuriant et lumineux des nappes, bruissements dans les feuilles, tube rempli d’eau secoué, etc… L’arythmie de la grosse demi-heure de concert finit par nous convaincre que l’ambient des Toulousains avait su délaisser sa dimension doom pour se parer d’autres atours.

François Bousquet
le 05/11/2018

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