Barnacles

One Single Sound

(Boring Machines / Internet)

 date de sortie

24/03/2017

 genre

Electronique

 style

Drone / Expérimental

 appréciation

 tags

Barnacles / Boring Machines / Drone / Expérimental

 liens

Boring Machines
Barnacles

 autres disques récents
Eternell
Still Light
(Sound in Silence)
Moskus
Mirakler
(Hubro)
Tim Hecker
Konoyo
(Kranky)
Epic45
Through Broken Summer
(Wayside and Woodland Recordings)

Matteo Uggeri avait besoin de changement. Cet italien généralement proche de la scène expérimentale/minimale, habitué des collaborations (Maurizio Abate, Deison), décide de lancer ce nouveau projet pour changer de registre. S’il était déjà apparu sur le label Boring Machines en 2012, il y revient par la grande porte puisque Barnacles s’inscrit pleinement dans la ligne éditoriale du label italien, avec un son dense, croisant drones hypnotiques et rythmiques tribales.

L’album se compose de 4 titres de 8-10mn, dont la forme est assez homogène. Une introduction en douceur pour ouvrir l’album avec I Hate a Barnacle, sur lequel se met en place une lente progression de nappes et drones, une sorte de ronronnement frétillant, un peu nasillard, accompagné par une montée de textures grésillantes, comme si les nappes saturaient. Les percussions font alors leur apparition, s’extirpant des souffles et déroulant leur implacable tourbillon. Tribal jusque dans les samples vocaux qui accompagnent les percussions, ce premier titre est un coup de maître qui place la barre très haut, et on craint déjà d’être déçu par la suite.
Comme l’Italien a choisi de rester constant sur la forme, la crainte se dissipe assez rapidement. As No Man Ever Did Before débute donc pas des nappes glissantes, mal assurées, mais la rythmique qui apparaît au bout de quelques minutes, plus électronique, donne un cadre tout en nous faisant penser à une ambient-trance, voire de vieux titres hypnotiques de Biosphere.

Parfois les titres s’enchaînent, comme ici avec Not Even a Sailor qui s’ouvre sur un gong et des plaintes de cuivres qui tournent au drone. Ce titre se démarque par ses nombreux bruitages et samples vocaux au second plan, tandis que sa section rythmique se fait moins immédiate, pour un résultat ici plus proche des musiques psychédéliques, et un final digne de musiques improvisées : abstraction, instruments acoustiques, bruitages et field recordinges.
On terminera avec In a Slow-Sailing Ship qui débute sur des enregistrements ambiants, des pas sur les graviers, des objets que l’on déplace, entrechocs de bois, et montée d’une nappe d’orgue linéaire aux oscillations un peu inquiétantes. Le jeu rythmique est ici plus riche, tantôt répétitif et hypnotique, mais subissant parfois quelques fractures. Un superbe final qui s’achève sur ces oscillations graves, quelques voix, bruits de pas et clés.

Excellente découverte que l’on essayera de suivre puisque ce premier essai a déjà donné lieu à 2 autres albums, dont un en collaboration avec Maurizio Bianchi.

Fabrice ALLARD
le 13/11/2018

À lire également

Everest Magma
Modern / Antique
(Boring Machines)
Chapter 24 & Philippe Petit
The Red Giant Meets the White Dwarf
(Boring Machines)
Heroin In Tahiti
Death Surf
(Boring Machines)
Luciano Maggiore + Francesco "fuzz" (...)
Chàsm’ Achanès
(Boring Machines)