Exécuteur 14

 auteur

Adel Hakim

 metteur en scène

Antoine Basler

 date

du 22/11/2018 au 02/12/2018

 salle

Théâtre des Quartiers d’Ivry,
Ivry-sur-Seine

 appréciation
 tags

Adel Hakim / Théâtre des Quartiers d’Ivry

 liens

Théâtre des Quartiers d’Ivry

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Première pièce écrite par Adel Hakim, au début des années 1990, Exécuteur 14 se trouve remontée dans le théâtre longtemps dirigé par l’auteur, avant son récent décès. Dans ce contexte particulier, la proposition d’Antoine Basler, mettant grandement l’accent sur le texte par le truchement d’une mise en scène discrète, prend une véritable force, au-delà même d’une narration déjà bien marquante. De fait, il s’agit de recevoir le récit d’un Adamite, habitant d’une cité proche-orientale, dans un pays jamais nommé, appartenant à un clan opposé à un autre (les Zélites) dans ce qui devient une guerre civile.

Alors qu’au début, le personnage se tient un peu à l’écart du conflit, les événements vont le pousser à s’enrôler dans la milice adamite et à participer aux massacres de Zélites. L’évolution du héros permet ainsi de mettre en lumière l’aspect déshumanisant de la guerre et la démultiplication de la loi du talion, en même temps que les êtres ne sont plus qu’assoiffés de sang et de vengeance. Pour décrire son parcours, le jeune homme, habitant la « cité horizon », va intégrer des mots anglais (« nos sweet home », « montrez vos ID »…) traduisant la jeunesse du personnage bien qu’il soit, ici, interprété par un comédien plus âgé que le rôle même si, au total, ce décalage finit par servir le propos, renforçant le sentiment que le héros a, malgré lui, beaucoup vu et beaucoup vécu.

La dimension désespérée prend encore plus de corps avec l’arrivée finale des Exécuteurs qui massacrent aussi bien les Adamites que les Zélites ; alors que le spectateur pensait avoir déjà bien été confronté aux atrocités de la guerre, un cap supplémentaire est ainsi franchi dans l’absurde et l’horreur aveugle. Pour porter ce texte, Antoine Basler a donc conçu une mise en scène sobre, appuyée sur un dispositif scénique rougeoyant (tapis de moquette, lumières sur l’écran tiré en fond de scène) et lumineux (variations des spots, tubes néons posés au sol et formant le signe « E 14 »). En guise d’accessoire, un simple micro lui permet, lorsqu’il l’utilise, de rapprocher sa voix du public, faisant davantage sentir la force de son interprétation.

François Bousquet
le 29/11/2018

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