Festival Bruits Blancs #8 : John Chantler / Samuel Sighicelli / Shapednoise

 date du concert

30/11/2018

 salle

Anis Gras,
Arcueil

 tags

Anis Gras / John Chantler

 liens

John Chantler
Anis Gras

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Manifestation récurrente, le Festival Bruits Blancs peut être rapproché d’autres événements comme l’Audible Festival ou le Festival CRAK. Avec leurs programmations entre électro-acoustique et expérimentation, ils s’accordent avec les préoccupations de ces pages mais nous n’en rendons compte qu’occasionnellement, ne pouvant pas être, chaque année, partout à la fois. Pour Bruits Blancs, cette huitième édition constitue donc une première, comme l’est également notre venue à Anis Gras, espace situé à Arcueil, dans une ancienne distillerie (qui faisait notamment de l’anisette), à l’accueil et la disposition tout à fait recommandables.

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John Chantler

À 20h précises, le premier des trois courts sets (une demi-heure en moyenne) de la soirée débuta, face à une vingtaine de personnes, et permit de retrouver John Chantler, assis derrière ses machines, dont il extrayait quelques boucles mélodiques mais surtout beaucoup de grésillements et de saturations, proches de la déferlante noise par moments. Au milieu de son concert, l’Australien livra des interventions plus aigües et arrondies, faisant alors penser à des bruits naturels (pépiements d’oiseaux, perles de pluie…) mais, bien vite, souffles et poussées sonores revinrent.

Alors que ses albums, dont ces pages ont déjà pu rendre compte, savent réserver des instants plus minimaux et qu’il s’était produit à Présences Électronique au printemps dernier (date où nous n’avions pu nous rendre), son set de ce soir se distingua donc par une forme de frontalité et de densité. Sans véritable variation et avec un travail sonore beaucoup plus compact que ce que l’acousmonium avait pu lui permettre de faire, Chantler ne parvint pas à emporter notre pleine adhésion.

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Samuel Sighicelli

Le reste de la soirée allait se constituer de découvertes, en commençant par Samuel Sighicelli, debout derrière son laptop et un grand clavier. Jouant de celui-ci dans une gestuelle assez chorégraphique (changements soudains, réglages rapides), le Français en tirait samples parlés (un texte du pianiste Alfred Cortot), petites rythmiques ou composantes abrasives et industrielles. Les accords plaqués, les bruits anxiogènes ou l’éclairage bleuté projeté sur le musicien donnèrent une impression générale de bande originale de film d’épouvante aux deux premiers tiers du concert (annoncé comme une « Sonate EP733K » pour sampler). Pour terminer, Sighicelli offrit des sonorités proches du plastique froissé ou des gargouillements aquatiques, ce qui conféra à sa proposition un aspect moins horrifique.

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Shapednoise

Après une petite pause, Shapednoise s’installa et asséna des rythmiques bien lourdes et appuyées, soutenues par un tapis sonore fortement saturé. Les vibrations engendrées se propagèrent alors dans les bancs, le sol et les corps et, nonobstant le caractère parfois un peu martial des pulsations, on se prit quand même à secouer la tête en cadence, marchant même aux breaks successifs de l’Italien, quoique très téléphonés.

François Bousquet
le 04/12/2018

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