Prix Marcel Duchamp 2018

 date

du 10/10/2018 au 31/12/2018

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 appréciation
 tags

Centre Pompidou / Clément Cogitore / Marie Voignier / Mohamed Bourouissa / Thu Van Tran

 liens

Centre Pompidou

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Depuis trois éditions que le Prix Marcel Duchamp propose d’exposer les quatre nommés, dans la Galerie 4 du Centre Pompidou, on est rarement convaincu, ni par le rapprochement ainsi provoqué entre les sélectionnés, ni (et c’est probablement plus inquiétant) par les créations plastiques de chacun d’entre eux. Entre parasitisme d’une œuvre par celle du voisin, et présentations moins pertinentes que ce que les intéressés avaient pu faire le passé, on ressort souvent un peu frustré du lieu parisien. Malheureusement, cette édition 2018 confirme ces sentiments, les accentuant même probablement puisque nous connaissions déjà les quatre plasticiens et avions de meilleurs souvenirs de chacun.

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Thu-Van Tran - vue de l’exposition
(courtesy du Centre Pompidou)

Avec la volonté de travailler autour du récit, et de la mémoire au-delà du témoignage et du document, le rapprochement des quatre artistes pouvait pourtant nous séduire et générer quelque chose de pertinent. Or, Marie Voignier se disqualifie déjà un peu, en présentant un film de 82 minutes, difficile à appréhender dans un contexte muséal quand bien même le souhait de suivre un cryptozoologue dans une forêt camerounaise peut paraître intéressant. Premières œuvres avec lesquelles le visiteur entre en contact, celles de Thu-Van Tran se répartissent entre sortes de gravois au sol (résidus d’une enseigne) et grandes peintures au mur, marquées par des traînées grisâtres et quelques percées arc-en-ciel, renvoyant aux épandages toxiques de l’armée états-unienne au Vietnam pendant la guerre. Esthétiquement assez réussi, l’ensemble fait cependant appel à des ressorts et une couleur générale déjà très vus.

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Mohamed Bourouissa - Pas le temps pour les Regrets
(courtesy du Centre Pompidou)

Autre vidéaste (qui, comme Marie Voignier, se trouve sélectionné deux ans tout juste après avoir été nommé pour le Prix Fondation d’Entreprise Ricard, traduisant la porosité des deux manifestations automnales et, surtout, le virage « jeuniste » pris par le Prix Marcel Duchamp depuis qu’il a couronné Cyprien Gaillard en 2010), Clément Cogitore continue une carrière éclair, saluée de toutes parts. Lauréat du Prix Marcel Duchamp pour 2018, l’Alsacien fut récompensé grâce à un film court, assemblage de vidéos piochées dans les banques d’images et sur lesquelles il a plaqué une voix off féminine un peu dramatisante. Si le propos n’est nullement novateur (scoop ! nous sommes abreuvés de et gouvernés par les images), on relèvera quand même une bonne concordance entre ce sujet et les conditions de monstration (écran fait de LED, très lumineux et rappelant les enseignes publicitaires, noir prononcé autour des spectateurs, bancs installés dans une sorte de boîte hermétique, renforçant l’impression d’être happé par l’écran). Dans la même logique, enfin, Mohamed Bourouissa fait intelligemment résonner objet de sa proposition (s’attacher au premier hôpital psychiatrique d’Algérie) et dispositif, avec son architecture tortueuse et sa circulation complexifiée, échos des tourments qui traversent les patients.

François Bousquet
le 10/12/2018

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