Félicie Bazelaire & Eric Wong

 date du concert

10/01/2019

 salle

Nautes,
Paris

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Nautes

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Nautes

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Afin de reprendre progressivement le rythme des concerts, en ce début d’année 2019, rien de tel qu’une soirée de trois sets expérimentaux, durant chacun entre vingt et trente-cinq minutes, donnée dans le cadre accueillant des Nautes. Face à une vingtaine de personnes, les musiciens enchaînèrent, en ce jeudi soir, tandis que Doedelzak livrait, entre chaque set, la diffusion d’une création sonore générée à partir d’un patch.

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City Dragon

Habitué des plateaux de ce registre, City Dragon était chargé de débuter les lives, debout derrière une table où se trouvaient diverses percussions (maracas, Glockenspiel, crécelle, tambourin) qu’il frappa l’une contre l’autre, avant de sampler ce bruit et de jouer sur des pédales d’effet. S’emparant de deux micros, Max Kaario rajouta cris et paroles incompréhensibles, ahanées, en même temps qu’il hochait la tête métronomiquement ou se déplaçait autour de la table. Dans un volume sonore poussé à 108 db, le saxophone fit son entrée pour une couche supplémentaire de ce qu’on placera entre l’expérimentation bien frappée et le grand n’importe quoi.

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M.A.K.T. Sono

À genoux par terre, le duo M.A.K.T. Sono était entouré de petits amplis, micros, pédales et modulateurs, de telle sorte que les Français purent jouer sur le signal sonore : crépitements, larsens, brouillages d’ondes. Dialoguant dans leurs micros (Magali Albespy parlant et Kecap Tuyul criant), ils introduisirent plus loin une rythmique les amenant à crier tous deux, puis à transformer leurs interventions vocales en chants, toujours aussi saturés et filtrés.

Enfin, assis sur deux chaises, Félicie Bazelaire et Eric Wong clôturèrent la soirée dans une veine moins bruitiste. Tandis que le second usait de son e-bow pour faire résonner sa guitare électrique demi-caisse, la première jouait du violoncelle à l’archet. Le caractère improvisé de ce duo de circonstance rendait difficilement perceptible la six-cordes, face au travail lié de Félicie Bazelaire, surtout que le guitariste conservait longtemps les mêmes accords avec sa main gauche, générant une note tenue un peu vibrante et un léger souffle.

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Félicie Bazelaire & Eric Wong

Le dialogue se fit plus travaillé et plus probant quand Eric Wong pinça sa corde de « mi » grave avec les doigts de sa main gauche, tout en tenant un accord, tandis que la violoncelliste pinçait une corde de sa main gauche et jouait de l’archet sur d’autres cordes, de son autre main. Ce mélange d’attaques sèches et mates, d’une part, et de propositions plus continues, d’autre part, fut ensuite relayé par un travail sur des harmoniques étouffées à la guitare, en face d’un jeu après le chevalet des cordes de violoncelle. Pour terminer cette forme d’exploration des possibilités de leurs instruments, la Française frotta son archet contre ses cordes étouffées et le résident Berlinois adopta un jeu de plus en plus rapide.

François Bousquet
le 11/01/2019