Same Waves

Algorithm Of Desire

(flau / Import)

 date de sortie

16/11/2018

 genre

Electronique

 style

Electronica / Pop

 appréciation

 tags

Electronica / flau / Hibernis / Pop / Same Waves

 liens

flau

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Un mois après l’album d’Hibernis, voici que s’avance donc l’autre long-format automnal du duo formé par Lindsay Anderson et John Hughes (dans sa version Same Waves), ce disque même qu’on appréhende avec un peu de retenue, refroidi par la réception d’un premier single publié fin 2017. À l’époque, la production trop marquée de Hughes nous avait semblé trop envahissante, tandis que le chant d’Anderson avait tendance à se banaliser. Entrant dans Algorithm Of Desire avec un mélange de scepticisme (issu de l’écoute susmentionnée) et d’espoir (eu égard à notre impression correcte de l’album d’Hibernis et, surtout, de notre haute estime des disques de L’Altra sur lesquels Hughes avait collaboré), les deux premiers morceaux nous font imaginer quelque chose de convaincant.

De fait, l’électronique de John Hughes se fait plus minimale, permettant au timbre de sa comparse d’exister véritablement (Song To Save Us All et Night Ride). Mais, rapidement, la voix de Lindsay Anderson s’égare dans quelque chose de très commun, entre poses « vamp » (Never Heard You Whisper, Heartbreaker), mélodies faciles avec (Horses) ou sans (le single My Way) chœurs, quand ce ne sont pas les travaux électroniques d’Hughes qui s’avèrent trop ordinaires (Hear What I Say, Hooked). La volonté de proposer une sorte d’avant-pop peut être louable en soi, mais l’album donne trop fréquemment le sentiment d’hésiter entre plusieurs positionnements.

Fort heureusement, la présence d’autres musiciens (le batteur Charles Rumback, par exemple, compagnon d’Hughes au sein de Colorlist, dont on vient de recenser le nouveau disque) permet d’apporter une coloration plus jazz par moments (le début de Collapsing Time) pendant que l’électronique de John Hughes paraît profiter de ces collaborations extérieures pour prendre davantage confiance en elle et s’aventurer dans des confins plus expérimentaux (la seconde moitié de ce même morceau). Ainsi, quand la voix de Lindsay Anderson refait son apparition, c’est nimbée d’une sorte de mystère plutôt qu’en frontalité et efficacité (la fin de ce, décidément très riche, Collapsing Time).

Grâce à ce morceau de neuf minutes, comme à d’autres moments du disque, Algorithm Of Desire se révèle être finalement moins passe-partout que ce qu’on pouvait imaginer initialement. Néanmoins, compte tenu du passé des deux protagonistes principaux, on préférera aisément retourner vers leurs travaux passés, et notamment les premiers disques de L’Altra.

François Bousquet
le 28/01/2019

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