Des attentions

 date

du 18/01/2019 au 31/03/2019

 salle

Crédac,
Ivry-sur-Seine

 appréciation
 tags

Batia Suter / Crédac / Raymond Hains

 liens

Crédac

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Projet développé en ligne, sur le site internet du Crédac, depuis dix ans, Royal Garden connaît une déclinaison physique avec des attentions, exposition collective naturellement située dans les beaux espaces du centre d’art ivréen. En tant que proposition basée sur internet, Royal Garden est évidemment sujette aux sautes de concentration du lecteur, sans cesse sollicité par d’autres signaux (rappelons qu’en ligne, le temps d’attention moyen est de huit secondes) et concurrencé par d’autres informations. C’est probablement ce constat qui a conduit les trois commissaires à s’arrêter sur cette notion d’attention et d’en faire le titre et le fil conducteur de cette exposition (en tout cas, de sa plus grande salle).

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Fouad Bouchoucha - Deux-points, Parenthèse et Point-virgule
(courtesy galeries Yoko Uhoda, Liège et Eric Dupont, Paris)

De fait, dans cet espace principal, le visiteur se trouve confronté à des éléments devant lesquels il passe d’ordinaire sans y prêter garde : signes de ponctuation assimilés à des plans d’architecture (les très réussis Deux-points, Parenthèse et Point-virgule de Fouad Bouchoucha), affiches publicitaires dont sont extraits des mots, grossis à la manière de slogans dans la vidéo d’Antoni Muntadas, images tirées de magazines et disposées au sol comme le seraient les pages d’un journal lorsque se compose le « chemin de fer » de celui-ci (Nightshift de Batia Suter). Dans le même ordre d’idées, le parcours nécessite de freiner la déambulation, voire de s’arrêter, pour pleinement goûter les hologrammes de Daniel Steegman Mangrané ou retracer mentalement le chemin suivi par les doigts qui ont laissé leurs empreintes sur une surface noire, représentation plastique de la rémanence du passage sur une tablette numérique (Blind Gestures de Nicolás Lamas).

Particulièrement intéressantes, ces œuvres aiguisent la curiosité et ne se donnent ainsi pas tout de suite, moins immédiates et littérales que d’autres créations présentes au Crédac, comme les démonstrations d’obsolescence de Raymond Hains (cette série des Macintoshages où le Français avait fait des impressions d’écran de son ordinateur, évidemment très datées à présent) ou le rapprochement un peu facile entre une pierre fossile et une tablette numérique (Contact) de Nicolás Lamas), ou entre les psychotropes et les entreprises cotées en bourse sur des planches façon herbiers de Suzanne Treister.

François Bousquet
le 11/03/2019

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