Sulfure Festival 2019 : Waveland / Paskine / Giulio Aldinucci

 date du concert

17/03/2019

 salle

Vent Se Lève,
Paris

 tags

Giulio Aldinucci / Paskine / Sulfure Festival 2019 / Vent Se Lève

 liens

Giulio Aldinucci
Vent Se Lève

Encore sous le charme de la belle soirée de la veille, c’est dans un Vent se Lève moins rempli qu’on se rendit pour clore le week-end, prêt à recevoir trois propositions ambient, soit une construction plutôt adaptée avec de l’electronica rythmique pour le samedi et des nappes pour le dimanche. Comme le jour précédent, ce plateau est aussi l’occasion d’apprécier en concert un artiste rare dans notre contrée puisque c’est possiblement la première fois que Giulio Aldinucci joue en France.

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Waveland

Pour débuter, deux Français étaient conviés, à commencer par Waveland, installé côté jardin et qui, après une mise en place purement ambient et un peu sombre, adjoignit des rythmiques quasi-plombées pour un ensemble dense et lourd, avançant comme difficilement dans une masse pâteuse. En soutien, les vidéos, en très gros plan, de fleurs et plantes en train d’éclore au ralenti rejoignaient cette démarche comme engoncée qui tenterait de se libérer.

À la frontière de l’inquiétant, voire de l’oppressant, la musique de Trevor Reveur souffrait toutefois d’un léger souci de construction, avec des durées pas suffisamment longues de certains morceaux, ou bien les deux secondes de pause entre chaque titre, empêchant l’auditeur de pleinement s’y plonger. À preuve, les deux derniers morceaux, plus probants, parurent travailler davantage dans la durée, avec leurs rythmiques toujours aussi lourdes mais opérant dans une ampleur d’ensemble plus affirmée.

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Paskine

La dimension sombre, voire anxiogène, se fit encore plus marquée chez Paskine, musicien déjà recensé ici pour son concert au Transient Festival en 2014. Des vrombissements, grondements, poussées sonores, forts grésillements et averses électroniques constituaient ainsi l’armature de ses compositions. Enveloppante et abstraite, sa texture pouvait aussi se parer de déchirures ou tremblements, vibrante et vivante, toujours en mouvement, à l’image du visuel unique projeté, toile aux multiples coups de pinceaux ocres, verts et bruns, paysage tout aussi tourmenté que les morceaux de son set.

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Giulio Aldinucci

Place enfin à Giulio Aldinucci, posté au milieu de l’espace, qui lança de ses machines des sortes de vocalises féminines couplées à des vents électroniques, à la saturation progressive. La conjonction de ses trois composantes produisit quelque chose d’assez beau, par son éclat et son caractère aérien. À la limite du larsen par endroits, perclus de quelques crépitations ou de roulements d’orage, les titres de l’Italien prenaient occupation de l’espace, déployant même des percées plus lumineuses, en même temps que, sur l’écran, des ronds de lumière non nets firent aussi leur apparition. Pour terminer, les vocalises féminines revinrent, dans un registre à l’arrière-plan moins riche, plus épuré, impeccable pour un retour au calme après les passages plus opaques qu’offrirent chacun des trois sets de ce plateau diablement homogène.

François Bousquet
le 21/03/2019

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