Sulfure Festival 2019 : Haxo / thisquietarmy

 date du concert

19/03/2019

 salle

Vent Se Lève,
Paris

 tags

Sulfure Festival 2019 / thisquietarmy / Vent Se Lève

 liens

thisquietarmy
Vent Se Lève

Retenu par des obligations professionnelles, on rata le set d’Ilia Gorovitz, batteur ouvrant cette nouvelle soirée du Sulfure Festival. C’est donc avec Haxo qu’on débuta, une fois que le duo avait pris place de l’espace central, décalant sur le côté la batterie de l’Israélien. Avec un simple EP en écoute en ligne et quelques rares concerts à leur actif, on était tout à fait vierge avant de recevoir la proposition du duo français, formé par Jeanne à la contrebasse et Aurélien à l’électronique. Tandis que la première jouait à l’archet, le second empilait les sonorités saturées ou les constructions mélodiques liées, aux colorations proches de celles que pouvaient précisément produire la contrebasse. Rythmiques et fulgurances, provenant soit des machines, soit des synthés, venaient également compléter le tableau.

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Haxo

Sur l’écran, derrière les deux musiciens, des formes géométriques stylisées, type toiles d’araignée ou carrés défragmentés, se trouvaient projetées, au diapason de la musique, à l’image de ces tunnels de métro défilant rapidement quand les morceaux d’Haxo se paraient d’une pulsation régulière et quasi-circulaire. Entre dark ambient et expérimentation, la musique des Français se faisait souvent bien sombre, avant d’opter, pour terminer, par une alliance entre des mélodies très lumineuses et aériennes de synthé, d’une part, et des passages saturés pendant lesquelles les cordes de la contrebasse étaient frottés plus frénétiquement, avant ou après le chevalet. Avec ce mariage plus réussi que ce qu’on pouvait initialement imaginer, on tenait assurément la belle découverte du festival.

Passant très fréquemment sur les scènes parisiennes (au reste, on avoue ne pas y aller à chaque fois, probablement car on se dit qu’on pourra se rattraper six mois après), thisquietarmy y revenait donc pour cette soirée, mais en solo cette fois-ci. Devant ses nombreuses pédales d’effets et variateurs, qu’il actionnait farouchement, Éric Quach était accroupi sur son tapis noir, sa guitare en bandoulière, déplacée sur son flanc droit. Dans cette posture, le Canadien avait tout loisir pour tirer de sa six-cordes des nappes qu’il travaillait ensuite avec ses appareils. Particulièrement intéressant quand il superposa interventions lancinantes, accords en fade in et fade out et grattage saturé d’accords chargés d’électricité, thisquietarmy se situa ainsi aux confins du post-rock, du shoegaze et du drone.

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thisquietarmy

Des coups de toms samplés finirent de plomber l’atmosphère, déjà bien sombre du fait de l’épaisse couche de guitares et des vidéos de paysages blancs et noirs, dont le côté obscur prenait régulièrement le pas sur l’autre. Un peu éloigné de l’espace central, on ne profita probablement pas autant qu’on l’aurait voulu de ce set, même si son caractère enveloppant et assurément prenant était indéniable.

François Bousquet
le 22/03/2019

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