Lali Puna / Surma

 date du concert

25/04/2019

 salle

Petit Bain,
Paris

 tags

Lali Puna / Petit Bain

 liens

Lali Puna
Petit Bain

Passé le mois de mars, ses festivals et autres manifestations, retour à des concerts moins événementiels avec, en cette fin avril, la prestation parisienne de Lali Puna, dans la foulée de leur récent EP dont nous avons pu récemment rendre compte. Pour débuter la soirée à Petit Bain, et avant de retrouver les Allemands que nous n’avions pas vu depuis 2010 (ayant laissé passer leurs dernières venues à Paris), deux interprètes féminines avaient pris place. Ayant raté Zalfa, nous n’arrivâmes que vers 21h, pour le set de Surma, qui accompagne Lali Puna sur une bonne partie de leur tournée européenne.

JPEG - 99.7 ko
Surma

Installée derrière ses machines, la jeune femme chantait dans un micro affublé d’un torchon et filtré par ailleurs. Posé sur une électronique plutôt correcte, ce chant se trouvait confronté à des rythmiques et des bribes mélodiques assez convaincantes. Malheureusement, la réception de ce set fut perturbée par les mimiques faites par Débora Umbelino pendant ses chansons : percluse de tics, la Portugaise hochait frénétiquement la tête, levait au ciel des yeux quasi-révulsés, se tordait les mains, etc… Cette forme de singerie des manifestations d’un handicap mental mit d’autant plus mal à l’aise que Surma s’exprimait, entre les morceaux, sans ces artifices. Peut-être qu’une grande timidité ou une nervosité pouvaient expliquer ce comportement, car il disparut quand elle se saisit de sa guitare électrique ou de sa basse, pour des titres plus riches musicalement mais, au demeurant, moins emballants.

Quand Lali Puna pris le relais sur scène, on constata qu’à l’instar des derniers disques du groupe, celui-ci était réduit à un trio électronique-batterie, la basse de Markus Acher n’ayant pas été remplacée, en tout cas pas physiquement et pas par un instrument réel. Placés de front, les trois musiciens enchaînèrent donc les titres, piochant dans plusieurs de leurs albums, jusqu’à remonter à Tridecoder, premier long-format du groupe dont Valérie Trebeljahr (avec son éternelle frange et cheveux tirés en arrière, mais dans une petite robe rouge au lieu de ses tenues sombres) rappela qu’il venait de fêter ses vingt ans. Le chemin parcouru depuis conduisit cette dernière à livrer des propositions vocales plus assurées (Bi-Pet, Move On, Micronomic, For Only Love), support à de vraies réussites musicales, dans un registre électro-pop très maîtrisé, sachant contenir les développements électroniques. Cependant, cette même voix continua de se briser quand elle montait dans les aigus et se détimbrait (6-0-3, Being Water), voire flirtait avec quelques faussetés par moments.

JPEG - 101.7 ko
Lali Puna

Avec un volume sonore très poussé, y compris sur le chant, probablement destiné à se mettre au niveau de la batterie jouée par Christoph Brandner, Lali Puna fit secouer la tête de plusieurs spectateurs. Instrumentalement, toutefois, il manquait assurément une vraie basse pour faire le pendant des fûts et frappes de Brandner ; plus encore, les 80 minutes du set nous parurent un peu trop homogènes dans l’ensemble, bien que le public fut, dans sa majorité, réceptif et enthousiaste. Pour notre part, et nonobstant nos bonnes dispositions résultant de nos écoutes favorables des derniers disques de Lali Puna, nous quittâmes donc un peu déçus Petit Bain, tout en gardant en mémoire quelques refrains accrocheurs et bien troussés.

François Bousquet
le 29/04/2019

À lire également

Lali Puna
Scary World Theory
(Morr Music)
16/02/2007
Route du Rock Hiver (...)
(Omnibus)
10/08/2001
Route du Rock 2001 : (...)
(Fort de St Père)
Lali Puna
Our Inventions
(Morr Music)