Focus #2 : Christina Vantzou / Jan Jelinek / Eiko Ishibashi / NPVR

 date du concert

11/05/2019

 salle

Le 104,
Paris

 tags

Christina Vantzou / INA / GRM / Jan Jelinek / Le 104 / Peter Rehberg / Pita

 liens

Peter Rehberg
Pita
INA / GRM
Le 104
Christina Vantzou

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Alors que Présences Électronique est revenu, depuis l’an passé, dans son lieu originel de tenue à la Maison de la Radio, le 104 n’en est pour autant pas délaissé par le GRM. C’est ainsi qu’un week-end Focus se tenait en ce mois de mai, avec une soirée et un après-midi, pour des plateaux tenus dans la salle 400, dans sa configuration habituelle pour les concerts avec acousmonium : estrade centrale pour accueillir les musiciens, haut-parleurs positionnés sur celle-ci ainsi que sur le pourtour de la pièce, rangées de sièges disposées sur les quatre côtés de la scène. Musicalement, les propositions de ce samedi soir correspondaient parfaitement à ce qu’on pouvait attendre d’une programmation du GRM, avec des têtes connues et des projets dont on est moins familier, pour des sets relativement courts et faisant la part belle aux expérimentations sonores.

Pour débuter, Christina Vantzou revenait à Paris sept ans après le seul concert qu’elle y avait donné, et alors que son quatrième album avait paru l’an passé. On y relevait une atmosphère plus ambient, voire plus sombre, que par le passé, dans un contexte où les cordes qui l’accompagnaient auparavant se faisaient plus discrètes. Continuité avec ce constat en cette soirée puisque l’États-Unienne, vêtue d’une robe blanche officia seule avec ses machines, pour un ensemble moins ouvragé et plus minimal que sur disque. Tirant parti du dispositif de diffusion, elle retransmit, sur deux morceaux, des sonorités électroniques qui tournoyèrent en périphérie de la salle, à la fois dans les caissons disposés contre les murs extérieurs et dans les haut-parleurs rouges, en forme de globes, suspendus au plafond. Entre grondements d’orage et saturations, ou bien bruits de voitures qui passent, ces matériaux permirent d’apprécier la précision du jeu de Christina Vantzou, alors que le reste de son set se déroula dans un registre ambient, accueillant quelques cordes samplées, afin de faire quand même le lien avec la majeure partie de sa discographie.

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Jan Jelinek

Prenant place ensuite sur scène, Jan Jelinek joua Zwischen, une pièce composée cette année, constituée d’extraits d’interviews radiophoniques dont n’ont été conservés que les hésitations, soupirs et raclements de gorge. Traités, mis en boucle, ralentis et étirés, ces composants furent également agrémentés progressivement de petits larsens, micro-rythmiques et autres éléments expérimentaux. Alors que le risque de se trouver face à quelque chose de trop cérébral poignait, l’Allemand l’écarta avec ces apports, bien qu’une forme de répétition se fit jour, une fois toutes les substances installées. Fort heureusement, le dernier titre du set déploya une saturation grésillante qui vint recouvrir le tout et ajouter densité et diversité au propos.

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Eiko Ishibashi

Seule véritable découverte de la soirée, Eiko Ishibashi exerce depuis une douzaine d’années, en solo ou aux côtés de grands noms de la musique expérimentale japonaise (Keiji Haino ou Merzbow, par exemple). Ici, l’entracte passé, elle livra une prestation marquée par l’apport d’une flûte traversière sur son ambient, instrument joué en direct et au son retraité pour sonner très grave, presque comme un basson. Pour le reste, son concert nous parut un peu long, même si le morceau caudal vint laisser une meilleure impression, avec des accords un peu dissonants et néanmoins lumineux, qui se frottaient à des explosions et à-coups. Relevons toutefois que la jeune femme dut se confronter à de nombreux problèmes techniques au début de son set, donnant le sentiment que la spatialisation n’était pas trop en place et concentrant la diffusion du son autour de l’espace central.

Pour terminer, un nouveau duo s’installa, auteur d’un premier album en 2017, mais dont un des auteurs nous est fort familier puisque NPVR regroupe Nik Void et Peter Rehberg (aussi connu sous le nom de Pita). Sachant les appétences de l’Autrichien, on ne fut pas surpris par une proposition nettement plus abrasive que les précédentes, avec des poussées sonores aux frontières de la noise. Alors qu’il était difficile de déterminer avec précision les apports respectifs de Nik Void et Peter Rehberg, la collaboration entre la jeune femme et le musicien aguerri semblait se dérouler au mieux, bonne conclusion d’une soirée assez conforme (peut-être trop, même) à ce qu’on pouvait en attendre.

François Bousquet
le 16/05/2019

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