Martina Lussi / Eli Keszler

 date du concert

22/05/2019

 salle

Le Bal,
Paris

 tags

Le Bal / Martina Lussi

 liens

Le Bal
Martina Lussi

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Lieu qui accueille, depuis quelque temps déjà, des concerts, Le Bal s’associe dorénavant au label Latency pour une série de propositions expérimentales. Premier plateau dans cette série en ce mercredi soir, au milieu des captivantes photographies de Barbara Probst (sur lesquelles nous reviendrons), avec Eli Keszler et Martina Lussi, tous deux invités à se produire dans la grande salle du niveau inférieur, dans un espace fort rempli (plus de 150 personnes avaient pris place, assises par terre, pour un concert complet).

Eli Keszler

Installé derrière sa batterie, Eli Keszler débuta peu après 20h30 pour un set en solo, au sein duquel il changea sans cesse de matériel. De fait, l’utilisation de baguettes offrit un jeu un peu heurté et quasi-démonstratif (impressionnante rapidité d’exécution, tournoiement des baguettes d’un côté à l’autre), celle des mailloches permit un travail plus feutré et celle des balais une approche plus caressante. Au-delà de ses composantes traditionnelles, la batterie de l’États-Unien était agrémentée de morceaux de feutrine placés sur la caisse claire et un petit tom ; de petites cymbalettes étaient posées sur ces morceaux de tissu, des petites cloches étaient accrochées sur d’autres toms et la seconde caisse claire était dotée d’un appareillage électronique.

Il en résultait alors une variété des sonorités produites, dans un registre certes jazz expérimental, mais beaucoup moins cérébral qu’escompté. Des samples lancés sur son ordinateur venaient également s’inviter dans ses compositions : nappes, accords, bribes mélodiques d’un instrument à vent. En parallèle, la grosse caisse était reliée à un dispositif faisant sonner des accords avec un peu d’écho, si bien que la frappe du pied produisait à la fois un coup sourd et quelque chose de plus aérien et lumineux. Retournées, les cymbalettes sonnèrent comme des lames de métallophones, cristallines et résonantes, parfaits contrepoints des frappes sur le cadre de la caisse claire, mates et sèches.

Après cette intéressante prestation, on retrouva Martina Lussi, moins de sept mois après l’avoir vue au Musée d’Arts de Nantes, lors d’un après-midi du Festival Soy. Dans l’intervalle, la jeune femme avait publié, en janvier dernier, un LP, sur Latency précisément, que nous devons reconnaitre ne pas avoir écouté. Chose faite après ce concert, ceci nous permit de constater qu’elle en reprenait plusieurs caractéristiques : présence importante de crépitements électroniques, micro-phrases mélodiques lancées au clavier, cliquetis et samples vocaux, le tout dans un style moins pleinement ambient que sur son premier long-format.

Martina Lussi

Assise derrière une table et éclairée par derrière par un grand néon, la Suissesse put même lancer des rythmiques roulantes et un peu appuyées pour un résultat très probant (Classic Intense), affrontant plus directement la dimension moins uniforme de son travail. Sous ce jour, on releva aussi l’aspect très ample des nappes et cordes samplées, mises en regard d’éléments plus resserrés, tandis que, plus loin, des grondements noirs et profonds croisaient des mini-explosions et des notes de clavier façon épinette ou clavecin (Anarchy For Her). L’ensemble constitua donc une performance tout à fait concluante, donnée par une musicienne dont il est dit que nous ne la verrons donc que dans des lieux d’exposition.

François Bousquet
le 27/05/2019

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