Scanner / Fennesz + Ensemble Musiques Nouvelles

 date du concert

15/05/2005

 salle

Botanique,
Bruxelles

 tags

Botanique / Ensemble Musiques Nouvelles / Fennesz / Scanner

 liens

Fennesz
Ensemble Musiques Nouvelles
Scanner
Botanique

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Après le relativement décevant concert de Human League hier, retour au Botanique en ce dimanche de Pentecôte pour une nouvelles prestation de deux des artistes les plus représentés dans ces pages. Il s’agit d’une performance un peu particulière, mais qui n’est pas la première du genre, où Fennesz et Scanner mêlent leur travail respectif à celui de l’Ensemble Musiques Nouvelles, orchestre de musique de chambre contemporaine basé à Mons et dirigé par Jean-Luc Dessy. La collaboration et l’amitié entre ce dernier et Robin Rimbaud ne date pas d’hier. C’est apparemment plus récent en ce qui concerne Christian Fennesz, bien que leur travail commun ait déjà été présenté lors du festival Artefact à Louvain en février dernier.

Cela se passe dans la salle du Musée, que nous n’affectionnons guère en général mais qui convient bien à ce genre de cadre intimiste. Les auditeurs (enfin ceux qui ont pris la précaution d’arriver à temps pour cela) sont confortablement installés sur des fauteuils rouges. Scanner fait discrètement son entrée et extrait de ses machines un son doux et chaud, tout en flux et reflux et en textures granuleuses. Après quelques minutes, il est rejoint sur scène par Jean-Luc Dessy et ses musiciens (deux violons, deux violoncelles) et le dialogue s’installe. Il s’agit en fait, semble-t-il, de la pièce Play along coécrite par Rimbaud et Dessy, disponible sur le CD du même titre sorti chez Sub Rosa, qui se révélera formidablement ample et intense. Aux textures soignées et travaillées de l’Anglais font écho les progressions dramatiques des cordes, allant de glissandi plaintifs en pincements abrupts, d’ambiances contemplatives en montées fantômatiques. L’équilibre entre les éléments est parfait, l’évolution de l’ensemble saisissante. Le seul reproche sera donc la durée relativement brève de cette étonnante composition.

Les musiciens quittent ensuite la scène, Scanner allant s’installer dans le public, et Christian Fennesz s’installe derrière son laptop. Il en extrait une structure discrète mais ferme qu’il accompagne de profonds accords de guitare. Le même schéma se reproduit : après quelques minutes, les cordes reprennent leur place pour une longue pièce exécutée en commun et séparée en deux mouvements. Sauf erreur, il s’agit d’une création composée pour l’occasion. Le résultat n’est pas le même qu’avec Scanner : le début est nettement plus apaisé, avec une présence assez discrète des éléments électroniques, et des parties de violoncelles mises plus en avant. Beau passage, mais qui nous convaincra moins. Nous avons préféré les moments où la guitare de Fennesz ponctuait les impressionnantes divagations des cordes, où la technique s’alliait à la musicalité. Il ressortait toutefois de cette collaboration que l’apport de Fennesz, pour certain qu’il soit, était moins perceptible que celui de Scanner auparavant, ce qui fait que nous avons préféré cette première partie de soirée.

Voici donc un convaincant témoignage des croisements possibles entre recherche électronique et musique classique contemporaine, d’autant plus séduisant qu’aucun des artistes ne tire la couverture à lui puisque les morceaux ont été composés ensemble et conçus pour offrir pareil alliage d’émotions. La performance a séduit, même si elle ne dura qu’une grosse heure en tout. Le contraste entre le havre paisible du Musée et la frénésie qui agitait l’ensemble du bâtiment, bondé en ce dernier soir du festival, était saisissante. La musique, histoire de dialogues et de rencontres...

Gilles Genicot
le 16/05/2005

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