En Chemin

 date

du 28/06/2019 au 25/08/2019

 salle

Musée d’Arts,
Nantes

 appréciation
 tags

Anne-Charlotte Finel / Évariste Richer / Dominique Ghesquière / Marcelline Delbecq / Musée d’Arts / Patrick Neu

 liens

Musée d’Arts

 dans la même rubrique
du 29/05/2019 au 26/08/2019
Bernard Frize : Sans Repentir
(Centre Pompidou)
du 05/06/2019 au 25/08/2019
Henry Wessel : A Dark Thread
(Maison européenne de la photographie)
du 10/05/2019 au 25/08/2019
Barbara Probst : The Moment In Space
(Le Bal)
du 16/05/2019 au 21/07/2019
Simon Starling : Catherine, Masahiko, Rex et les Autres
(Le Plateau / FRAC Île-de-France)

Parmi les thématiques récurrentes des expositions d’art contemporain, la relation à la nature figure assurément en (très) bonne place. Nouvelle déclinaison et nouvel exemple, donc, avec la proposition présentée dans le patio du Musée d’Arts de Nantes cet été. Avec ses sept plasticiens chargés d’occuper le bel espace central du Musée, l’exposition nous permet de retrouver certains créateurs déjà connus mais de faire aussi quelques nouvelles rencontres.

Évariste Richer - Classification des Nuages (détail)
(courtesy de l’artiste et galerie Untilthen)

Si des têtes sont nouvelles, les démarches, elles, rejoignent ce que d’autres ont pu développer précédemment. C’est ainsi que, classiquement, les artistes se trouvent face à l’alternative suivante : tenter de retranscrire plastiquement le réel extérieur ou bien documenter ce qui reste de la nature après le passage de l’homme. Pour essayer de se départir du tout-venant, on relèvera néanmoins que les créateurs qui choisissent la première option témoignent d’une belle poésie dans leur travail. De fait, la capture de ce qui est volatil ou immatériel passe par une forme de légèreté du propos chez Charbel-Joseph H. Boutros (sculpture en marbre de Carrare abritant en son sein un « morceau » de nuit du Liban, feuilles de calendrier détachées et exposées au soleil de différentes villes du monde, le jour dit, pour constater l’impact différent de l’astre en fonction du lieu et du jour), Évariste Richer (symboles universels représentant des types de nuage réalisés en néon) ou Abraham Poincheval (escapade à bord d’un cylindre métallique servant de proto-caravane pendant toute une année, afin de saisir l’évolution des paysages alpestres au fil des saisons).

Dominique Ghesquière - Terre de Profondeur
(courtesy de l’artiste et du CNAP)

Pour d’autres plasticiens, la légèreté fait place à une douce mélancolie quand il s’agit de s’arrêter sur ce que la nature a réussi à préserver ou refaçonner une fois l’être humain reparti : photographies d’objets polis par la mer et le sable (série Sableur) et vidéo d’une terre ravagée une fois l’eau d’un barrage retirée (Barrage, dont le gros grain résonne judicieusement avec cette désolation) chez Anne-Charlotte Finel, sol de 200 m² de terre cuite fracturée évoquant le fond du lac artificiel de Vassivière chez Dominique Ghesquière (proche du travail déjà vu de l’intéressée au Palais de Tokyo en 2014, certes avec une occupation de l’espace adaptée au lieu). De toute évidence, c’est lorsque les artistes se placent dans ce rapport très direct au réel et à la nature qu’ils se font les plus convaincants. En creux, les aquarelles zoomorphes de Patrick Neu et les vidéos de Marcelline Delbecq relatives à un roadtrip étatsunien (dans la continuité du travail montré à la Fondation d’Entreprise Ricard en 2015) peinent à marquer, départies de la délicatesse dont les cinq autres intervenants peuvent faire montre.

François Bousquet
le 18/07/2019

À lire également

26/10/2017
Festival Soy #15 : (...)
(Musée d’Arts)
04/11/2018
Festival Soy #16 : (...)
(Musée d’Arts)
du 01/06/2018 au 02/09/2018
James Turrell : It (...)
(Musée d’Arts)
du 27/1/2009 au 28/2/2009
Pragmatismus & (...)
(Fondation d’entreprise)