Jazz à la Villette 2019 : Jaimie Branch & Jason Nazary / Marquis Hill Blacktet

 date du concert

01/09/2019

 salle

Cité de la Musique,
Paris

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Comme l’an passé, c’est sans connaître les musiciens du plateau de ce dimanche après-midi que nous nous rendions à Jazz à la Villette. Dans le cadre tout à fait confortable de la Cité de la Musique et doté d’une excellente acoustique, face à un public attentif, trois propositions se succédèrent « de la modernité la plus radicale à la tradition » nous annonçait le programme, formule assez pertinente, en vérité.

De fait, l’après-midi débuta par un duo trompette-batterie, conjugué à des apports électroniques. Placé à cour, Jason Nazary jouait ainsi de sa batterie en employant souvent une baguette, d’une main, et une mailloche, de l’autre, dans une approche très free. Son jeu rapide sur le charleston fermé pouvait, en outre, répondre aux rythmiques électroniques claires et rapprochées, envoyées par Jaimie Branch, dans un dialogue performant. Cette dernière passait des machines aux trompettes, s’auto-samplant, lançant des bribes mélodiques ou des pulsations, donc.

Entre caractéristiques très urbaines dans le mélange acoustique/électronique ou dans le look des deux musiciens (casquette, bonnet, grande tunique chamarrée) et adjuvants empruntant à des dimensions plus classiques (utilisation d’une sourdine sur la trompette, par exemple), le duo intéressa par sa volonté de recherche. Peut-être un peu trop relâché dans les passages improvisés et trop bruitiste dans certains résultats, les deux États-Uniens constituèrent une très bonne entrée en matière.

Place ensuite au quintet (ou « blacktet », ainsi que le spécifiait l’affiche) de Marquis Hill, trompettiste de Chicago fort bien entouré : batteur, saxophoniste, contrebassiste et vibraphoniste. Au reste, ce fut Joel Ross, à l’instrument à lames, qui impressionna le plus, se voyant offrir, sur les deux premiers morceaux, deux longs soli dans lesquels il put enchainer les doubles croches, usant avec dextérité et démonstration de ses mailloches. Sur le morceau suivant, Makaya McCraven livra un solo de batterie et, plus loin, Jeremiah Hunt se vit enfin proposer une intervention en solitaire, un solo complet, même, puisque sa contrebasse opéra à nu.

Marquis Hill Blacktet

À chacune de ces occurrences, on put saluer la vraie générosité de Marquis Hill qui, le thème lancé avec Braxton Cook au saxophone alto, se mettait systématiquement sur le côté de la scène, permettant de mettre en avant ses musiciens, ne se réservant que de rares soli. Avec sa sympathie communicante et son jeu entraînant, le leader trentenaire recueillit une belle ovation, méritée pour ces cinquante minutes dans lesquelles les sons assez feutrés des cuivres avaient intelligemment échangé avec le timbre aérien du vibraphone et les frappes quasi-hip-hop de la batterie.

Cet alliage était assurément plus convaincant que le quintet des frères Belmondo qui lui fit suite, trop classique et manquant de singularité : soli attendus, travail du saxophone et de la trompette peu surprenant, jeu basique de la batterie, etc… Manquant également un peu de sobriété, l’attitude de Lionel et Stéphane Belmondo ne nous incita pas à prolonger l’écoute au-delà des vingt premières minutes.

François Bousquet
le 05/09/2019