Kjetil Mulelid Trio

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(Rune Grammofon / Differ-ant)

 date de sortie

30/08/2019

 genre

Jazz

 style

Contemporain

 appréciation

 tags

Contemporain / Kjetil Mulelid Trio / Rune Grammofon

 liens

Kjetil Mulelid Trio
Rune Grammofon

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Alors que les autres trios jazz signés sur Rune Grammofon ont quitté le label d’Oslo ou s’aventurent dans d’autres directions musicales (en accueillant un autre musicien à leurs côtés, par exemple), Kjetil André Mulelid poursuit dans une veine jazz assez traditionnelle. Il faut dire que le jeune homme n’en est qu’à son deuxième album sous ce format et qu’il intervient, en parallèle, dans le projet Wako, formation moins classique dans sa composition. Deux ans après le très bon Not Nearly Enough To Buy A House, le trio piano-contrebasse-batterie revient donc pour un disque qui se démarque légèrement de son prédécesseur.

Si l’alliage entre les Norvégiens est immuable, comme la précision de leurs interventions, on repère rapidement que les qualités mélodiques d’une bonne partie des neuf titres de l’album s’avèrent plus affirmées. Folk Song, Far Away ou When Winter Turns Into Spring, par exemple, se démarquent ainsi par un véritable thème, interprété au piano par Mulelid, revenant au début et à la fin du morceau et laissant, classiquement, de la place pour des soli au milieu. À l’aise dans ces exercices, à la limite de la démonstration de virtuosité, que sont ces passages en solitaire, Mulelid et le contrebassiste Bjørn Marius Hegge se positionnent donc l’un après l’autre dans ces travaux, offrant aux auditeurs de belles variations et de jolis moments, quand bien même l’ensemble reste dans un registre assez couru.

Seul titre composé par Hegge, Bruremarsj permet même au Norvégien de dialoguer mélodiquement avec le piano, faisant rebondir gracieusement son instrument pour cette « marche nuptiale » à la belle allure. Délibérée et revendiquée, l’inclinaison vers des phrases mélodiques amène donc le trio à proposer, sur le même album, des moments plus légers et immédiats (ceux décrits précédemment), des instants plus mélancoliques (le caudal Homecoming au tempo moins soutenu) et des passages dans lesquels il s’agit d’aller vers des terrains un peu plus libres et improvisés. Dans ce registre, relevons le très intéressant Tales dans lequel les cordes du piano sont pincées par Mulelid, celles de la basse objets de slides et les fûts d’Andreas Skår Winther être détimbrés, ou bien A Cautionary Tale Against A Repetitive Life qui laisse des plages de respiration avant que les doigts du leader du trio ne courent sur le piano.

François Bousquet
le 30/09/2019

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