Mára

Here Behold Your Own

(SIGE Records / Import)

 date de sortie

13/09/2019

 genre

Electronique

 style

Expérimental

 appréciation

 tags

Expérimental / Mára / SIGE Records

 liens

SIGE Records

 autres disques récents
Isan
Lamenting Machine
(Morr Music)
Oiseaux-Tempête
From Somewhere Invisible
(Sub Rosa)
PCM
Attraverso
(n5MD)
Kryshe
Continuum
(Serein)

Musicienne officiant sous son nom propre au sein de nombreux projets et disques, Faith Coloccia a développé, depuis 2015, un travail personnel sous le nom de Mára, pour des sorties publiées sur SIGE, le label qu’elle gère avec son mari, Aaron Turner. Après une première cassette, elle passe au format vinyle pour ce Here Behold Your Own qui nous permet de découvrir l’électronique expérimentale de l’États-Unienne. Utilisant parfois sa voix, cette dernière la pose quasiment à nu, tout juste soutenue par de l’écho, pour chanter des mélodies tristes et belles (proches des berceuses pour enfants) qu’elle reprend ensuite à l’orgue. Plus loin, c’est une guitare agrémentée d’une forme de distorsion ouatée qui sera en première ligne.

Avec des orchestrations assez minimalistes, donc, Mára fait plutôt le choix de se concentrer sur l’atmosphère mise en place, sur la forme d’envoûtement que peut générer la conjonction de ses vocalises et des plages musicales, ou sur la profondeur des accords et notes convoqués. Quelques petites perturbations (mini-traitements, bruissements divers, souffles rauques, grésillements et petites saturations) sont ajoutées à ces matériaux, mais rien de trop troublant non plus, rien qui ne mette l’auditeur à distance.

La publication en vinyle permet à Faith Coloccia de diviser son album en deux grands mouvements : A New Young Birth et Sangre De Cristo. Si cette répartition est logique, on sera moins convaincu par la découpe en, respectivement, huit et six segments, dispositif qui morcelle l’écoute là où on aurait apprécié un étalement dans la durée, d’autant plus que les deux faces du disque se font suffisamment distinctes puisque, globalement, la seconde connaît davantage de passages parsemés de saturations que la première, à la coloration plus claire. Donnant l’impression de venir de très loin, comme trouvées au fond d’un grenier ou remontées de plusieurs décennies, les compositions de Mára possèdent assurément un charme, un peu hanté, mais véritable.

François Bousquet
le 09/10/2019