Kate Carr / Valérie Vivancos

 date du concert

15/10/2019

 salle

Instants Chavirés,
Montreuil

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Structure née l’an passé, La Fabrique Agitée a déjà eu l’occasion d’organiser plusieurs concerts (Phill Niblock, Maria Chavez, Olivia Block, Simon Whetham), principalement aux Instants Chavirés, lieu où se tenait à nouveau le plateau de ce mardi soir. Dans la lignée de sa programmation, l’association francilienne avait convié deux artistes féminines, opérant dans le champ électroacoustique, pour une soirée très homogène et riche en découvertes, la seconde intervenante se produisant pour la première fois en France.

Valérie Vivancos

Pour débuter, Valérie Vivancos s’était installée au milieu du public, assis en rond autour de sa table. Tenant d’une main un capteur, la musicienne y grattait, de l’autre, un balai de cymbale ou une pierre, afin de créer une perturbation sonore qu’elle mêlait à de petits grondements et souffles envoyés de son laptop. Une autre machine lui permettait d’ajouter une note tenue assez aigue, quelques bruits métalliques, des vocalises, des grincements de bois, des bruissements divers ou de mini-couinements. Entre climat anxiogène et faux field recordings, le set de la Française offrit aussi quelques pointes acérées et des tremblements plus incertains, dans un format minimal et contenu.

Kate Carr

Positionnée pour sa part sur la scène, Kate Carr avait à sa disposition un nombre d’objets plus importants encore : récipient rempli d’eau, carafe, petit arrosoir, avion en plastique dont elle remonta les ailes, balai de cymbale (décidément l’accessoire de la soirée !), feuille d’arbre, morceaux de polystyrène ou billes en verre. Utilisés à tour de rôle pour générer de courts sons (ou bien pour former un bruit régulier, quand les billes furent placées au fond du récipient rempli d’eau, lui-même posé sur une bascule automatique), ces ustensiles croisèrent des adjuvants pré-enregistrés et lancés depuis le laptop de l’Australienne (pépiements d’oiseaux, bruits de vagues).

Puisant aussi bien dans un registre ambient qu’électroacoustique, la jeune femme travaillait sur la permanence des sonorités, leurs interactions et leurs frottements (pas seulement quand, effectivement, elle frottait une bille sur la surface d’une cymbale). Des matériaux parfois plus affirmés purent être également introduits, à l’image de ces accords de clavier assez enveloppants, livrés sur la fin d’un concert très habité.

François Bousquet
le 17/10/2019