Christian Boltanski : Faire son Temps

 date

du 13/11/2019 au 16/03/2020

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 appréciation
 tags

Centre Pompidou / Christian Boltanski

 liens

Centre Pompidou

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Globalement chronologique, le parcours de la grande exposition consacrée à Christian Boltanski utilise la traditionnelle boucle de la Galerie 1, tout en haut du Centre Pompidou, avec l’habituel mitan ouvert sur le nord-nord-ouest parisien, idéal lieu pour disposer une œuvre très vaste (Réserve : Les Suisses Morts, soit des tours de boîtes de biscuits rouillées et affublées de petites photographies). Avant et après, le spectateur aura traversé plusieurs étapes de la carrière du Français, et aura littéralement traversé plusieurs rideaux et voiles, comme pour creuser de plus en plus profond dans la pysché et la mémoire de celui qui continue de fouiller en l’être humain.

Bien qu’il s’en soit déjà défendu, il est très compliqué de ne pas relier une large partie du travail de Christian Boltanski à la Shoah : piles de vêtements (Le Terril Grand-Hornu, dans la continuité de l’immense installation tenue au Grand Palais en 2010, pour Monumenta), wagonnets noirs (Les Containers), reliquaire et autel constitué à partir de photographies d’élèves juifs en 1937 et 1939 (Reliquaire et Autels Chases), spectres semblant issus du ghetto (Fantômes de Varsovie), etc… Malheureusement, et si on ose émettre une réserve face à une œuvre apparaissant comme difficilement critiquable eu égard à ses sujets, le plasticien paraît y aller trop frontalement, ne prenant que peu de détours pour évoquer la mort et le temps qui passe. C’est ainsi qu’à force de visages en noir et blanc projetés sur des velums, de photographies floues, de simili-cercueils, d’ampoules grésillantes et de dais noirs, le visiteur peut ressentir un trop grand poids sur ses épaules, comme accablé par tant de signifiance et tant de symbolisme.

Animitas Blanc
(courtesy Archives Christian Boltanski)

Partant, c’est presqu’avec soulagement qu’on accueille certaines pièces moins ouvertement plombées : Crépuscule avec ses nombreuses ampoules posées au sol d’une pièce inaccessible, dont une s’éteint chaque jour que l’exposition dure, comme pour matérialiser le passage du temps, ou bien les deux films Animitas, tourné dans des lieux quasi-vierges (désert d’Atacama, nord du Québec), où seules des petits clochettes accrochées à des tiges bougent et tintent, afin de rappeler le souvenir des disparus.

François Bousquet
le 05/02/2020

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