間 (ma, aïda …)

 chorégraphe

Camille Boitel & Sève Bernard

 date

du 26/02/2020 au 07/03/2020

 salle

Le 104,
Paris

 appréciation
 tags

Camille Boitel & Sève Bernard / Le 104

 liens

Le 104

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Le couple et ses difficultés : éternel sujet de création, qu’elle soit dramaturgique, cinématographique, littéraire ou chorégraphique. Chez Camille Boitel & Sève Bernard, danse, cirque et théâtre se mêlent dans un objet très riche et accessible, mettant aux prises une scénographique impressionnante (on n’ose imaginer le nombre d’heures de travail en amont, et en aval, pour reconstituer le plateau chaque jour) qui, pendant une bonne heure, va accueillir les mouvements des deux interprètes. Évoluant sur une scène qui se désagrège au fur et à mesure, les deux jeunes gens procèdent par fragments, présentant 36 séquences qui les voient se rapprocher, s’attirer mutuellement, s’enlacer ou se disputer (sans forcément qu’un fil narratif ne vienne tracer une chronologie quelconque dans cette histoire de couple).

Truffé de petits artifices, de bricolages plus ou moins sophistiqués et de manipulations à vue, 間 (ma, aïda …) (intitulé emprunté à la calligraphie japonaise et renvoyant au champ lexical de la relation) saisit par son inventivité et sa créativité. Convoquant également des jeux de lumière (pour éclairer uniquement une partie du plateau, voire une partie seulement du corps des danseurs) et deux musiciens intervenant à quelques endroits, le spectacle s’enchaîne sans temps mort, se déployant sur l’intégralité du plateau et des cintres (subtil jeu de ballets de rideaux et pendrillons, pour une séquence).

Alliant humour (dans les chutes au sol ou sous le plateau, le burlesque n’est jamais loin) et forme de mélancolie (quand le plateau met une distance entre les corps), 間 (ma, aïda …) alterne moments de pure poésie et cascades plus fugaces. Dans ce grand fatras très précis et pensé, les passages les plus convaincants sont à l’évidence les purs pas de deux, quand les corps ne font plus qu’un et interagissent avec grâce et technicité (la séquence sous une pluie fine, celle assis de part et d’autre d’une table, celle en ombres chinoises, celle avec des sortes de flash lumineux). Lorsque des adjuvants plus conséquents sont sollicités (banc public, piano, armoire, grosse horloge), le déroulement se fait un peu plus prévisible (on se doute vite que les lattes de parquet vont céder sous le poids conjugué de ces meubles et des interprètes) bien que toujours aussi cocasse. Épuisés et ragaillardis, confortés dans la force du duo/couple, les interprètes peuvent conclure en saluant, aux côtés des régisseurs et manipulateurs, un public conquis.

Autres dates :
- du 18 au 20 mars 2020 : Maillon - Strasbourg
- 26 et 27 mars 2020 : Manège - Reims
- du 14 au 19 mai 2020 : Comédie - Clermont-Ferrand

François Bousquet
le 11/03/2020

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