Suites Absentes

 chorégraphe

Pierre Rigal

 date

du 11/03/2020 au 15/03/2020

 salle

MC93,
Bobigny

 appréciation
 tags

MC93 / Pierre Rigal

 liens

Pierre Rigal
MC93

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Assez étonnamment, les trois créations de Pierre Rigal recensées, jusqu’à présent, sur ces pages étaient des propositions de groupe. Pourtant, le Français s’est surtout fait connaître par des soli, dansés lui-même, à l’image de Press, possiblement son travail le plus célèbre, celui où il se meut au sein d’une pièce qui rétrécit. Le « portrait » que consacre, en ce mois de mars, la MC93 au Toulousain permet de rattraper un peu ce manque puisque Press, Érection et Suites Absentes y sont présentées.

Dernier solo en date de Pierre Rigal, Suites Absentes le voit arriver sur le plateau en queue de pie, chemise blanche et tenue impeccable. S’asseyant devant un piano à queue, il lève la main pour s’apprêter à jouer quand… le piano démarre tout seul et interprète une musique de Jean-Sébastien Bach. Surpris et décontenancé, le danseur croit d’abord à une blague, puis tente de tenir tête à l’instrument, mais se résigne vite face à l’autonomie des touches. Plutôt qu’un combat, il entame alors un pas de deux dans lequel il sautille sur une suite plus légère, proche du menuet, ou trace des gestes plus amples quand le piano joue un morceau plus profond.

Des adjuvants seront, par la suite, convoqués : partitions (quand un espoir subsiste encore de pouvoir jouer du piano), épée (quand il se dit qu’il faudra peut-être provoquer l’instrument en duel) ou pinte de bière (quand toute ambition de tirer, lui-même, une note du piano est totalement abandonnée). Une chèvre arrive même sur le plateau, l’animal ayant l’air tout aussi étonnée que Pierre Rigal du tour que joue le piano. Bref, l’absurde et l’humour se mêlent tandis que des pièces de Bach sont interprétées sur le piano mécanique (pré-enregistrées par François Dumont). Avec son personnage un peu candide, aux gestes pas forcément très techniques ou impressionnants, le Français privilégie des mouvements basiques et une forme d’interaction décalée avec l’instrument (simili-cabrioles, impression de ressort type boîte à musique en fin d’un geste qui ne s’arrête pas net).

Plus encore qu’avec l’instrument, l’interaction avec la musique prend progressivement corps, et même l’identification avec le compositeur allemand. Si le texte projeté en fond de scène (sorte de biographie de Bach) s’avère un peu trop redondant, l’évocation se met en place au fur et à mesure, rendant ceux qui sont absents (interprète du piano et auteur des suites) de plus en plus présents.

Autre date :
- 7 avril 2020 : Palais des Arts -Vannes
- du 27 au 29 avril 2021 : Philharmonie - Paris

François Bousquet
le 17/03/2020

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