J’ai trop Peur

 auteur

David Lescot

 metteur en scène

David Lescot

 date

02/08/2020

 salle

Lycée Jacques Decour,
Paris

 appréciation
 tags

David Lescot / Lycée Jacques Decour

 dans la même rubrique
du 05/01/2022 au 22/01/2022
Une Télévision Française
(Théâtre des Abbesses)
du 23/11/2021 au 27/11/2021
La Luna En El Amazonas
(Théâtre des Abbesses)
18/11/2021
De la Disparition des Larmes
(Théâtre Ouvert)
du 12/11/2021 au 04/12/2021
Pacific Palisades
(Théâtre Paris-Villette)

Alternant écriture jeune public et textes pour les plus grands, David Lescot enchaîne publications et spectacles, ayant plusieurs créations en tournée en même temps. Pour cette édition du Festival Paris l’Été resserrée sur cinq jours et concentrée sur le Lycée Jacques Decour, sa pièce J’ai trop Peur nous permet de nous confronter à ce volet de son travail, après avoir, il y a quelques années, appréhendé son versant « biodrama » avec Le Système de Ponzi.

Le propos est ici moins ample puisqu’il s’agit de narrer l’été d’un garçon de dix ans et demi, s’apprêtant à entrer en sixième, perspective à la fois redoutée et mythifiée. Prenant l’action le dernier jour de son CM2, on suit le héros pendant son été à Quiberon, où il broie du noir, se faisant une montagne de l’étape qui est devant lui, rencontrant Francis, un adolescent de 14 ans, chargé de le tuyauter sur les trucs à savoir, et s’énervant des réactions de sa petite sœur de 2 ans et demi, incapable d’articuler correctement les mots. Pris entre volonté de quitter l’enfance (il dédaigne les jeux dans le sable) et peur de l’adolescence, excitation et crainte suscitées par l’inconnu, le garçon passe par différents états, judicieusement traduits par une langue assez juste mais qui ne verse pas trop (hormis, peut-être, quand Francis s’exprime) dans une transcription ultra-fidèle du parler « pré-ado ».

S’occupant lui-même de sa mise en scène, David Lescot met en place un dispositif assez rudimentaire, servi par une estrade dotée de mécanismes articulés pour faire apparaître banc, bureau d’écolier et trappes diverses, et par des trucages basiques (ballon d’hélium pour conférer une voix aigüe à la petite sœur, bruitages faits par les actrices elles-mêmes). Joués donc par des comédiennes adultes, les trois rôles permettent de mettre en parallèle le regard sur l’école et sur les autres, suivant qu’on a 2 ans et demi, 10 ans et demi, ou 14 ans. Tour à tour bravache, craintif ou fasciné, le propos fait fréquemment sourire et nous renvoie souvent à nos propres souvenirs, processus augmenté par la dimension méta-théâtrale née de cette représentation donnée… dans une cour de collège.

François Bousquet
le 04/08/2020

À lire également

du 25/01/2012 au 10/02/2012
Le Système de Ponzi
(Théâtre des Abbesses)
20/10/2017
20 ans du label Ici (...)
(Lycée Jacques Decour)
04/08/2018
Sabordage !
(Lycée Jacques Decour)