La Vie des Tables

 date

du 20/09/2020 au 13/12/2020

 salle

Crédac,
Ivry-sur-Seine

 appréciation
 tags

Ana Jotta / Éric Baudart / Corentin Canesson / Crédac / Delphine Coindet / Gyan Panchal / Hugues Reip / Kapwani Kiwanga / Koenraad Dedobbeleer / Liz Magor / Louise Hervé et Chloé Maillet / Pierre Ardouvin / Raphaël Zarka / Sarah Tritz / Sheila Hicks

 liens

Crédac

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Pensée à l’heure du confinement, de la distanciation sociale et des relations tactiles empêchées, La Vie des Tables invite une cinquantaine d’artistes à proposer des petits formats, disposés chacun sur une table différente, mobiliers qui sont suffisamment espacés les uns des autres pour que le visiteur puisse s’arrêter devant chacun sans être trop proche d’un autre spectateur. Ces contrainte et protocole donnent parfois lieu à des propositions un peu trop corsetées, où l’intention de départ prédomine au détriment de la concrétisation esthétique. Ici, et malgré cette légère appréhension, c’est plutôt un parcours assez intéressant auquel le Crédac nous convie, sillonnant entre les tables et les créations d’artistes très familiers du centre d’art.

Sans verser dans le catalogue, c’est ainsi une sorte de résumé des dernières années du lieu ivryen qu’on explore, se remémorant, au fur et à mesure de l’avancée, les expositions personnelles des uns et des autres : Sarah Tritz, Hugues Reip, Louise Hervé & Chloé Maillet, Corentin Canesson, Liz Magor, Ana Jotta, Delphine Coindet, Koenraad Dedobbeleer, sans compter les plasticiens vus dans des offres collectives. Habituée de ces compagnonnages au long cours (on se souvient du Travail de Rivière en 2009 ou L’Homme de Vitruve en 2012, dans lesquels étaient déjà présents des artistes ayant un passé avec le Crédac), Claire Le Restif (directrice du lieu et commissaire de l’exposition) réactive un mécanisme qui traduit un attachement à ces créateurs et manifeste une ligne directrice assumée et lisible.

Sheila Hicks - Je voudrais être une vague
(courtesy atelier Sheila Hicks)

Sur le plan purement plastique, l’ensemble est, mécaniquement, un peu hétérogène et donne lieu à des réalisations parfois moins convaincantes mais, globalement, le jeu du petit format et de la table conduit à un dialogue intéressant entre élément support et œuvre supportée. Sous ce rapport, on put ainsi distinguer les œuvres suivantes : Mantle de Kapwani Kiwanga (composition en acier et miroir sans tain, sur une table qu’on pourrait trouver dans une salle de réunion), Petit monument éphémère, la grande roue et les amis de Pierre Ardouvin (objets kitsch et guirlande lumineuse, sur un plateau en bois brut), L’Épi de Gyan Panchal (jouet recouvert de résine sur une table de cuisine aux rallonges repliées), Je voudrais être une vague de Sheila Hicks (assemblage de lin à la fois rudimentaire et travaillé, sur une table marquetée), Magnets and Iron Dust de Véronique Joumard (morceaux de limaille de fer reliés par des aimants pour constituer des formes entre hérisson et rose des sables, sur une table d’atelier), Étude pour une première construction de Raphaël Zarka (maquette en carton de ses sculptures aux formes polyédriques, sur un meuble en bois brut) ou, enfin, Matter Matters d’Éric Baudart (lames de cutter assemblées pour réaliser un petit volume compact, sur une table en fer).

François Bousquet
le 21/10/2020

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