Festival Variations 2020 : Echo Collective joue Amnesiac

 date du concert

23/10/2020

 salle

Lieu Unique,
Nantes

 tags

Echo Collective / Festival Variations 2020 / Lieu Unique

 liens

Lieu Unique

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Articulé autour du piano et des claviers, le Festival Variations s’est progressivement décentré pour aborder d’autres instruments, tout en conservant une volonté certaine d’offrir aux spectateurs des registres musicaux très divers. Depuis 2017 (d’ordinaire en mars ou avril, mais évidemment décalé à octobre pour cette saison), la manifestation a ainsi quitté les stricts rivages du classique pour se diriger vers le jazz, la musique contemporaine, l’électronique ou la pop indé. Encore plus marquée cette année, cette inflexion se traduit par la présence, au festival nantais, de Mondkopf, Lauren Halo, Ben Shemie (le leader de Suuns) ou Claire M Singer. Au total, cette édition de Variations pourrait alors prendre, d’autant plus qu’elle se tient pas loin de la Toussaint, les atours du regretté Festival Soy, avec qui elle partage, au reste, un programmateur.

Pour notre part, la manifestation débuta par un concert au Lieu Unique, camp de base du Festival et institution organisatrice de l’événement, dans le Grand Atelier mis en configuration « covid » (espaces entre les spectateurs assis sur les gradins, groupes de trois chaises autour de petites tables au parterre). Précédemment vus en accompagnement de Jóhann Jóhannsson, mais dans une formule en quatuor à cordes, les musiciens d’Echo Collective étaient présents cette fois-ci en septet, pour interpréter in extenso Amnesiac, cet album de Radiohead publié en 2001. Peu écouté à l’époque, ce disque fut celui avec lequel on décrocha par rapport au groupe anglais, estimant qu’il ne parvenait pas à maintenir l’équilibre entre rock indé (alors qu’on avait tant aimé Pablo Honey et The Bends) et vraies expérimentations (qu’on écoutait de plus en plus, par ailleurs). Bref, cette relecture nous permit de nous replonger, dans les jours qui précédèrent cette soirée, dans le disque des Britanniques.

Echo Collective

Pour le retranscrire avec des instruments classiques (violons, basson, piano, clarinette, vibraphone…), les Belges firent le choix de ne pas le jouer dans l’ordre initial, ouvrant le set par Morning Bell et Knives Out, soit possiblement les deux morceaux les plus mélodiquement immédiats d’Amnesiac. Cette entrée en matière fut peut-être un peu facile, soutenue par la batterie et le piano quasi-rythmique, chargé de la mesure iconique de Knives Out. La démarche syncopée ainsi employée se retrouva également quand le clavier interpréta la ligne un peu graisseuse de la guitare électrique d’I Might Be Wrong.

Quelques accents jazz pouvaient être pris ultérieurement, notamment quand le violoncelle était joué aux doigts, que le batteur optait pour des frappes caractéristiques sur les cymbales et que le saxophone baryton se faisait plus profond. Plus loin, le travail des Bruxellois se fit plus sobre, avec un tempo moins enlevé, quand la clarinette basse se chargea de la ligne chantée de Pyramid Song ou quand la harpe soutenait le chant joué par le basson (You And Whose Army ?), permettant de lancer le concert vers un horizon plus aventureux. Singularisée par un solo assez aérien de clarinette basse ou un autre, plus fiévreux, d’un des deux violons qui alla chercher des notes très aiguës, la dernière partie du concert fut conclue par Life In A Glass House en rappel (qui, pour le coup, correspondait à la clôture de l’album de Radiohead), aux tonalités presque klezmer, avec ce dialogue entre violon et clarinette, prenant le relais de la forme de plainte que prend souvent le chant d’un Thom Yorke qui ne pouvait qu’être satisfait de cette interprétation d’ensemble.

François Bousquet
le 29/10/2020

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