Festival des 3 Continents 2020 - Séances Spéciales

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du 20/11/2020 au 29/11/2020

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Pour les festivals de cinéma automnaux que nous suivons, l’alternative était, compte tenu de la fermeture des salles, la suivante : proposer au grand public les films en ligne, ou bien tout annuler (avec un espoir de programmer les films en salle, ultérieurement). Si les Entrevues de Belfort ont fait le choix de réserver la diffusion des films aux professionnels (avec maintien subséquent d’un palmarès), les 3 Continents de Nantes ont opté pour quelque chose d’intermédiaire. Outre la conservation de la compétition et du palmarès, à destination des professionnels, la manifestation nantaise a offert au grand public, via la plateforme Festival Scope, un panorama de douze films passés, ces dernières années, par le festival, accompagné de deux inédits, issus des Séances Spéciales de la Sélection officielle 2020.

Présenté également au Cinéma du Réel (qui, déjà, avait été annulé puisque se tenant au tout début du premier confinement), Makongo y avait reçu deux prix, venant saluer ce documentaire centrafricain, attaché à Albert et André, deux pygmées Aka souhaitant lutter contre la stigmatisation de leur peuple. Seuls membres de leur tribu à aller à l’école (ils sont en 4e et 2nde), les trentenaires décident de profiter de leur instruction pour fonder une école dans leur campement et enseigner les bases de l’éducation (chiffres, lettres) à une vingtaine d’enfants. Ils savent, pour l’affronter quand ils quittent les leurs, que le mépris des gens des villes peut se combattre par la connaissance et le savoir.

Ingéniosité et débrouillardise sont alors à l’œuvre (à l’image de ces ardoises individuelles faites à base de troncs d’arbres débités), sous le regard admiratif d’Elvis Sabin Ngaïbino, réalisateur délibérément en retrait (pas de voix off, pas de banc-titre) dont c’est le premier long-métrage. Pendant qu’à côté de leur entreprise, la vie continue (mariage, négociation sur le délai pour payer la dot, enfant décédé en bas âge), Albert et André utilisent le produit de la vente de chenilles cueillies dans les arbres pour payer la « vraie école » à quelques enfants, tirés au sort. Les larmes de ceux qui n’ont pas été élus disent, mieux que tout, la réussite de leur projet.

Après avoir été projeté au Forum de la dernière Berlinale, Eyimofe (This Is My Desire) a fait le tour de nombreux festivals (dont les Entrevues de Belfort, d’ailleurs, où il a reçu le Prix d’aide à la distribution), ce qui est assez logique pour un film qui, sans que cela ne soit ici une critique, présente pas mal d’atours du film de festival. Mettant en lumière une cinématographie peu connue (celle du Nigéria) qui a le mérite d’être anglophone, bien joué et au scénario bien travaillé (centré successivement sur deux personnages aux aspirations communes et quasi-voisins sans jamais se croiser), dépeignant en 16mm le bouillonnement de Lagos comme les envies d’ailleurs de ses protagonistes, le premier film des frères Arie Esiri & Chuko Esiri narre l’histoire de Mofe et Rosa. Tous deux, bien que d’âges différents (le premier a la quarantaine, tandis que la seconde la moitié), assurent deux métiers en parallèle (électricien et agent de sécurité, coiffeuse et serveuse), pour tenter de vivre et de faire vivre leurs familles, tout en épargnant pour partir en Espagne ou Italie.

Trouver de l’argent et acquérir des visa s’avèrent ainsi leur préoccupation et leur souci principaux, même si la famille reste placée au-dessus de tout, quitte à se priver soi-même et à ranger ses envies d’ailleurs. L’abnégation chevillée au corps, la foi dans l’avenir et la droiture de ces personnages pourraient faire basculer le film dans une forme de sacralisation des deux héros, mais il parvient à conserver une certaine ambigüité, à l’image de la mise en scène des frères Esiri justement positionnée entre travellings habiles et peinture sans artifice de la vie de ces sans-grade.

François Bousquet
le 30/11/2020

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