Ana Roxanne

Because Of A Flower

(Kranky / Differ-ant)

 date de sortie

13/11/2020

 genre

Electronique

 style

Ambient

 appréciation

 tags

Ambient / Ana Roxanne / Kranky

 liens

Kranky

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Plus diaphanes et évanescents que les propositions de Less Bells et MJ Guider qui les ont précédées ce trimestre sur Kranky, les compositions d’Ana Roxanne évoluent dans ce registre très couru sur le label de Chicago : vocalises féminines sur nappes tremblotantes. Nouvelle venue sur la structure états-unienne, la New-Yorkaise avait publié, l’an passé, une cassette qui lui avait permis d’être repérée et, donc, signée sur Kranky. Paru rapidement après cette première sortie, Because Of A Flower ne se limite heureusement pas à cette conjonction, un peu spectrale, de plages minimalistes et de légers hululements, même si c’est par un tel morceau, de près de sept minutes, que s’ouvre le disque (A Study In Vastness).

Par la suite, Ana Roxanne opte pour un chant aux paroles distinguables, intègre une basse chargée d’une mesure mélodique (Suite Pour L’Invisible), joue rapidement sur un clavier pourvu de delay (- - -), invite des pulsations assez suaves et travaillées (Camille) ou sollicite des arpèges de clavier aux consonances proches de ceux de Bach (Take The Thorn, Leave The Rose). Au-delà de cette large culture musicale, la musicienne se montre marquée par un héritage cinématographique et fait volontiers (et dès le court titre qui débute véritablement l’album) appel à des dialogues issus de films qu’elle sample et incorpore à ses morceaux.

Sous ce rapport, Camille apparaît, de manière assez évidente, comme le titre le plus réussi du disque, parvenant à combiner habilement boîte à rythmes, interventions éthérées d’Ana Roxanne et dialogue issu du Mystère Alexina (film de 1985 de René Féret, tiré de la vie d’Herculine Barbin, institutrice du milieu du XIXe siècle qui s’avéra un garçon). Cette histoire permet, d’ailleurs, de faire le lien avec la transidentité, sorte de fil narratif parcourant le disque, et pouvant s’identifier dans les vocalises de l’États-unienne (parfois assimilable à une voix de castrat) ou dans l’intitulé de certains morceaux (à l’image de Take The Thorn, Leave The Rose). Bien installé dans ce disque, à la fois vaporeux et profond, l’auditeur peut alors regretter d’en sortir au bout d’à peine quarante minutes et se montrera, alors, en attente des travaux futurs de cette belle découverte.

François Bousquet
le 20/01/2021

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