Matt Elliott / Manyfingers / Half Asleep

 date du concert

30/11/2005

 salle

Soundstation,
Liège

 tags

Manyfingers / Matt Elliott / Soundstation

 liens

Matt Elliott
Manyfingers
Soundstation

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Les inséparables Matt Elliott et Manyfingers sont à la fois des habitués de ces pages et de Liège, puisqu’on se souvient avec bonheur d’un splendide plateau Third Eye Foundation / Movietone / Crescent à l’Escalier, il y a de ça de nombreuses années. C’est à Liège que les comparses terminent une tournée de deux mois les laissant visiblement aussi comblés que fourbus. Liège qui nous offre une jolie succession de concerts intéressants, après le jouissif set de Domotic à l’Escalier samedi dernier.

En levée de rideau, une moitié des soeurs bruxelloises Half Asleep. On ne s’y attardera pas, histoire de ne pas devoir avouer que cela nous ennuie terriblement. Chris Cole entre ensuite sur scène et s’attire d’emblée la sympathie du public, pas très nombreux mais (presque) parfaitement dévoué, en expliquant dans un français très correct le plaisir qu’il a d’être là mais la crainte d’offrir une piètre performance en raison de sa fatigue et de sa maladie (il paraissait en effet visiblement affecté).
Qu’importe, son set emporta complètement notre adhésion, pour ne pas dire notre enthousiasme. Chris Cole a une technique répétée : monter en boucles quelques arpèges de piano ou de guitare sèche, une petite succession rythmique à la batterie - son instrument d’origine - ou le chaud frottement des cordes d’un violoncelle. Mais il ne lasse jamais, car il démontre une véritable inspiration et une variation dans les textures et les arrangements. Sa musique sobre mais touffue, délicate mais puissante, est dominée par la douceur aigrelette du piano ou de la guitare, nantie en contrepoint du martèlement rèche et ouaté des percussions. Il s’en dégage une véritable puissance toute allusive et le témoignage d’un univers très personnel et convaincant.

Matt Elliott prend ensuite les commandes, lui aussi semblant fatigué, ce que l’on comprendra aisément mais qui ne l’empêcha pas de livrer un set conforme à ce qu’on en attendait. Ses deux albums (The Mess We Made et Drinking Songs) ont impressionné de nombreux amateurs et l’homme n’a pas d’égal pour en délivrer en live toute la complexe richesse. Il commencera par quatre morceaux acoustiques, charpentés par Chris Cole à la batterie, tournant autour d’une guitare ou d’un mélodica mais mettant surtout en valeur sa voix, qu’il utilise comme un véritable instrument. Son chant psalmodié, montant haut dans les aigus, tenant longuement la note, à la limite du gospel parfois, colore ces premières pièces d’un nimbe onirique prononcé. L’effet est de toute beauté, même si l’on se prendra à regretter un peu le manque de richesse dans l’ornementation musicale.
Nous ayant annoncé, avant le dernier de ces morceaux, qu’ensuite viendrait "ceci" (désignant son laptop), nous pressentions que nous allions nous orienter vers des paysages plus électroniques et potentiellement plus rythmés. Ce fut en effet le cas et, sans doute parce que nous étions plus concentré, nous avons perçu ce soir le liant qui nous paraissait manquer lors de sa prestation au festival Rhâââ Lovely en avril dernier. Matt Elliott propose à proprement parler un set évolutif en deux parties et, quand il entame The Maid We Messed, traditionnelle clôture de ses concerts et dernier morceau de l’album Drinking Songs, on se laisse happer dans une pièce véritablement extraordinaire, lancinante au possible, rythmée souplement et efficacement, aux inflexions et évolutions subtiles mais permanentes. Un bonheur live à l’état pur.
Le public qui ne s’y est pas trompé, a à juste titre réclamé un rappel : construit autour d’un morceau rap français amusant, sans plus, il nous a séduit par son travail sur les textures mais a pâti d’un piètre son, caractéristique malheureusement assez récurrente dans cette salle.

Avant de poursuivre par une sympathique soirée dans le café, nous échangeons quelques mots avec un Matt Elliott visiblement fourbu mais ravi de l’accueil qui lui fut réservé ce soir. Il le méritait bien, tout comme son comparse Chris Cole qui nous a conquis.

Gilles Genicot
le 02/12/2005

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