The Notwist / ZerO gRaViTy

 date du concert

15/10/2021

 salle

Astrolabe,
Orléans

 tags

Astrolabe / Rayon / The Notwist

 liens

Astrolabe

 dans la même rubrique
30/11/2021
Lea Bertucci / Olivier Benoit
(Instants Chavirés)
12/11/2021
Lori Goldston
(Moki Bar)
07/11/2021
Ana Roxanne
(Lafayette Anticipations)

Tandis que le succès de Vertigo Days, publié en début d’année, ne semble pas retombé, The Notwist passait une petite semaine en France (Metz, Nantes, Orléans, Paris et Tourcoing), avant de poursuivre leur route en Europe, et de revenir dans notre pays en février prochain. Alors qu’ils avaient plutôt l’habitude d’accueillir un même groupe ou musicien sur toutes leurs tournées, les Allemands laissèrent, cette fois-ci, à chaque salle et organisateur le soin de programmer leur première partie, souvent des musiciens locaux (ou assimilés).

ZerO gRaViTy

Pour Orléans, c’est le Tourangeau ZerO gRaViTy qui avait été retenu par l’équipe des Rockomotives, chargé de cette soirée tenue à l’Astrolabe (cette salle de musiques actuelles de la préfecture du Loiret, située au troisième étage de la patinoire, et intelligemment agencée, avec ses deux salles successives, la première dévolue au bar et à une petite scène, la seconde plus généreuse et apte à accueillir le plateau de ce vendredi soir). Face à un espace aux deux-tiers remplis, le Français attaqua autour de 21h avec une électronique-ambient faite d’arpèges et autres échafaudages chromatiques au synthé, assez clairs et aériens. Peu à peu, une montée en puissance se fit, des rythmiques semblèrent arriver mais furent coupées par Johann Guillon juste avant leur explosion, pour mieux revenir après, dans une très belle construction jouant avec l’attente et la légère frustration chez l’auditeur.

En soutien de ses morceaux, ZerO gRaViTy produisait un jeu de lumières extrêmement travaillé et séduisant, modifiant les configurations sur chacun de ses titres : projecteurs derrière lui faisant ressortir sa silhouette, serpentins lumineux positionnés sur l’intégralité de l’estrade, spots verticaux de biais découpés en faisceau, éclairage de la salle par quatre feux en façade quand les rythmiques finirent par claquer. Car, de fait, la seconde moitié de son concert bifurqua dans une direction purement électronique, quasi-dansante, offrant de très belles envolées toujours aussi pures et engageantes, pour une prestation extrêmement convaincante.

Installés sur toute la largeur de la scène, les Allemands prirent la suite, vers 22h15, avec un instrumentarium très varié : les membres du groupe étaient, en effet, accompagnés, pour cette tournée (comme sur Vertigo Days) par Theresa Loibl à la clarinette basse et Karl Ivar Refseth aux vibraphone et percussions. C’étaient donc sept musiciens qui officiaient, démarrant pied au plancher leur concert par un enchaînement de trois titres (Into Love / Stars, Exit Strategy to Myself et Kong) sur lesquels Markus Acher nous parut éprouver quelques difficultés de justesse dans son chant. L’arrivée de deux morceaux aux refrains plus identifiables (Pick Up The Phone et Where You Find Me) lui permit de se caler, sur ce point, comme de confirmer au public que la setlist allait principalement se partager entre leur album de 2021 et Neon Golden, classique du début du siècle.

The Notwist

Si ce choix était assez logique, au regard de la qualité de ces deux longs-formats, on put regretter un certain penchant du groupe pour le trop-plein ; déjà relevée dans notre recension de Vertigo Days, cette limite prit pleinement corps lors de ce concert, avec des basses saturées (jouées par Cico Beck aux machines ou Micha Acher à la basse), deux guitares électriques (celle de Markus Acher et celle de Max Punktezahl), de l’électronique, des percussions en sus de la batterie très présente d’Andreas Haberl. Pour être honnête, on eut même parfois l’impression que les titres, souvent ciselés et soigneusement orchestrés sur disque, se trouvaient gonflés aux hormones, sur scène : joués plus vite, avec davantage d’instruments et d’effets. Trop souvent noyés dans ce maelström, Theresa Loibl et Karl Ivar Refseth purent, cependant, manifester leur présence par un beau dialogue clarinette basse-vibraphone sur Into The Ice Age, mais furent, pour le reste, souvent cantonnés à assurer les liaisons entre les titres (pour la première) ou à officier aux percussions sèches pour renforcer l’aspect tribalo-dub de certaines pistes (pour le second).

Naviguant entre krautrock un peu trop chargé, donc, et électronique frôlant avec la saturation, The Notwist sut, toutefois, préserver l’éclat de quelques morceaux, tel One With The Freaks et l’entrée, toujours aussi entraînante, de sa section rythmique, relayée par l’allumage de spots en façade, pour éclairer d’un coup la salle. Au demeurant si, musicalement, l’ensemble nous laissa un sentiment de déception, il fut, visuellement, impeccable avec un travail sur la lumière parfaitement raccord (citons, par exemple, ces disques de points lumineux disposés un peu partout sur scène et changeant régulièrement de couleur). Pour conclure, après une heure et demie de set, le rappel s’ouvrit sur l’attendu Pilot, qui fut orné d’un (trop long) pont aux accents dub, soit une proposition exactement similaire à celle donnée lors de la tournée 2002 du groupe, élément qui, malheureusement, ne joua pas en faveur de notre réception globale de ce concert.

François Bousquet
le 19/10/2021

À lire également

Spirit Fest
s/t
(Morr Music)
V/A
Documenta II
(Agenda)
The Notwist
Neon Golden
(City Slang)
04/03/2002
The Notwist / Styrofoam
(Maroquinerie)