Jason Sharp

The Turning Centre Of A Still World

(Constellation / Modulor)

 date de sortie

27/08/2021

 genre

Rock

 style

Expérimental / Post-Rock

 appréciation

 tags

Constellation / Expérimental / Jason Sharp / Post-Rock

 liens

Constellation
Modulor

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Membre de Land Of Kush, présent sur un des disques d’A Silver Mt Zion, Jason Sharp est un habitué de Constellation. C’est même sur le label montréalais qu’il avait sorti ses deux premiers albums, préludes à ce nouveau long-format, interprété tout seul (sur les précédents, un violoniste se tenait à ses côtés) mais réalisé en collaboration avec Radwan Moumneh (de Jerusalem In My Heart et Land Of Kush), à l’enregistrement et au mixage. Sans savoir véritablement si cela tient à cette coopération, il nous semble que The Turning Centre Of A Still World, en comparaison des deux efforts passés (écoutés plus rapidement, il est vrai), témoigne d’une plus grande densité, d’une plus belle profondeur et d’une plus intéressante richesse.

Il faut dire que, lorsqu’on débute l’écoute d’un disque solo d’un saxophoniste, on s’attend un peu à des envolées free ou à des propositions plus expérimentales et minimalistes. Ici, il s’agit principalement d’offrir des empilements de notes de saxophones (tenues ou jouées rapidement), conjugués à des aplats de synthétiseurs et quelques pulsations (provenant des propres battements de cœur du musicien, capturés et traités, ou bien générées par les synthés) (Unwinding Surrender, Velocity Of Being). Pour livrer ces morceaux, Jason Sharp opère progressivement, favorisant l’acculturation d’un auditeur qui se laisse prendre au jeu et hésite entre berceuse et fascination face à la multiplicité de couches.

Dans ce contexte, les instruments à vent ne s’avèrent pas complètement éteints et n’ont pas perdu toute velléité mélodique, à l’image de Blossoming Rest, dans lequel les notes graves soutiennent habilement les interventions un peu psyché des synthés, dans un ensemble à la fois accueillant et vertigineux. Même réussite avec Upwelling Hope, avec des notes plus brèves des saxophones (à la limite du frottement, par endroits), cette fois-ci, pour un résultat plus aérien mais tout aussi emballant. Par ailleurs, le Montréalais sait aussi offrir des pistes plus dépouillées, marquées par des saxophones plus en avant, rejoints par quelques triturations diverses (Humilty Of Pain), confirmation de la variété d’un album long en bouche et passionnant.

François Bousquet
le 26/11/2021

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