FUJI|||||||||||TA / Amosphère

 date du concert

27/10/2021

 salle

Consulat,
Paris

 tags

Amosphère / Consulat

 liens

Consulat

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Hébergé dans le bâtiment auparavant utilisé par la Générale (cette ancienne sous-station EDF, implantée avenue Parmentier, à proximité immédiate de la Mairie du XIe), le Consulat a débuté ses activités courant 2020. Passé cette période pas forcément propice, le lieu peut prendre une belle ampleur, entre cantine, ateliers d’artistes, résidences et accueil de collectifs programmateurs de concerts. Pour ce mercredi soir, trois structures (Vaagues de chaleur , le Salon Volant et Souffle(s)) s’étaient ainsi coordonnées pour organiser la venue parisienne de FUJI|||||||||||TA, musicien japonais dont on guettait le travail depuis un album sur Hallow Ground l’an passé. Avant cela, il fallait s’insérer dans la file d’attente, pénétrer dans le Consulat, et se frayer un chemin au sein du nombreux public (la date était complète), pour parvenir à s’asseoir sur l’un des coussins ou poufs disposés par l’équipe animatrice au milieu de petites bougies.

Amosphère

Ce fut dans cette ambiance propre à l’écoute que la soirée débuta tardivement (annoncée à 21h30, la première partie commença peu avant 22h) avec une prestation d’Amosphère. Vue il y a deux ans au Bal, la musicienne nous avait laissé un souvenir un peu mitigé, que la prestation du soir effaça. Assise derrière ses synthétiseurs et machines, elle proposa souffles, tapotements et petits crépitements, pour un ensemble plus minimal que ce qu’on avait en mémoire. Ses formes assez travaillées, provenant de ces instruments manipulés avec doigté, manquèrent toutefois de puissance sonore pour pleinement emporter et envelopper une assistance pourtant très attentive. La grandeur de l’espace (d’autant plus qu’en raison de l’affluence, le rideau censé séparer l’espace concert de l’espace bar-restauration avait été ouvert), sa hauteur sous plafond, appelait aussi un volume plus conséquent pour, précisément, habiter ce volume un peu froid. Optant, à l’inverse, pour une approche plus menue, Amo Vaccaria se fit à la fois diablement intéressante, mais aussi un rien frustrante.

FUJI|||||||||||TA

Venu avec l’instrument qu’il a lui-même créé (un orgue constitué de onze flûtes et alimenté par une pompe), FUJI|||||||||||TA prit place ensuite, sélectionnant tout d’abord quelques tubes extraites de son orgue, pour les brancher sur des supports affublés d’un trou, et permettant aux instruments d’être joués grâce à des tuyaux reliant ces supports les uns aux autres. Les notes tenues de ces flûtes improvisées purent alors être superposées, à la limite du larsen. Le deuxième temps vit le Japonais souffler lui-même dans deux petites flûtes pour un résultat peu éloigné de la cornemuse. Enfin, dans le dernier tiers de son set, Fujita Yosuke repositionna tous les tubes sur son orgue, tourna le dos au public et se mit à actionner, d’une main, la pompe qui servait à insuffler de l’air dans les tuyaux et, de l’autre, des manettes situées à l’aplomb de chaque flûte.

Visuellement, le travail de FUJI|||||||||||TA était donc plutôt singulier, avec ces maniements divers et ses instruments différents. Musicalement, l’ambition était aussi au rendez-vous, avec notamment la mise en place d’une jolie oscillation dans le dernier mouvement. Mais, au total, le propos fut trop mince et trop homogène, sur les quarante-cinq minutes que durèrent une prestation, elle aussi marquée par un volume pas suffisamment puissant pour véritablement susciter une adhésion et une plongée dans son univers sonore.

François Bousquet
le 03/11/2021

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