Joshua Trinidad

Sleeping With Worries

(Subcontinental Records / Import)

 date de sortie

10/09/2021

 genre

Jazz

 style

Ambient / Contemporain

 appréciation

 tags

Ambient / Contemporain / Joshua Trinidad / Subcontinental Records

 liens

Joshua Trinidad
Subcontinental Records

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À côté des disques composés pendant le premier confinement et traduisant l’impression d’espaces et lieux rendus à la nature, ou bien le repli sur soi, place aux albums marqués par une forme d’angoisse face au virus. Trompettiste états-unien déjà auteur d’un premier album solo, en parallèle de ses collaborations avec divers artistes, dans des registres variés (abstract hip-hop, électronique), Joshua Trinidad s’est, en effet, couché chaque soir avec la crainte d’attraper le coronavirus et de ne pas en réchapper. Écrit pendant ces périodes de doute, Sleeping With Worries aurait donc pu être un disque posthume, une forme de testament… sauf que le musicien a survécu.

Reste donc ce long-format, dans lequel sa trompette sonne comme une plainte, habilement relayée par des apports électroniques, composantes plus ou moins sombres. Contrastant intelligemment avec l’ampleur et la clarté de l’instrument à vent, ces matériaux viennent charger l’atmosphère, comme s’il s’agissait de retranscrire à la fois rêves et cauchemars au sein des mêmes morceaux (Lush). Mais il peut aussi s’agir de se faire plus éthéré (plus rêveur ?) quand l’électronique se décline en progressions chromatiques, suites évanescentes des montées de synthé (Birth, Lament For Kondo), ou bien de simplement agrémenter de triturations les développements aériens de la trompette de Joshua Trinidad (Thaw).

Étape suivante assez logique de ces différents constats, l’électronique peut même prendre le dessus sur la trompette, dévolue à l’animation de l’arrière-plan tandis que de nouvelles mesures de synthé prennent en main le reste du morceau (Shelter). Avec des matériaux de base assez réduits, le musicien de Détroit parvient donc à offrir un album d’une belle variété, conclu par un titre sur lequel Kal Cahoone vient chanter (Morning Bells). Naturellement mise en majesté, l’interprète ne phagocyte pour autant pas ce morceau, trouvant sa juste place aux côtés des trompette et clavier, comme un bon résumé de Sleeping With Worries.

François Bousquet
le 12/01/2022