Festival Présences Electronique 2006 : Carl Stone / Oval / Kasper T. Toeplitz

 date du concert

10/03/2006

 salle

Maison de la Radio,
Paris

 tags

Carl Stone / Festival Présences Electronique 2006 / Jan St Werner / Kasper T. Toeplitz / Maison de la Radio / Oval

 liens

Oval
Carl Stone
Kasper T. Toeplitz

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Vendredi, deuxième journée du festival Présences Électronique, avec en ligne de mire Carl Stone et Oval.

La soirée s’ouvre une nouvelle fois par un proche du GRM, avec ici Régis Renouard Larivière. On passera rapidement sur ce concert dont il ne nous reste pas grand chose. Trop riche, trop dense peut-être, très fracturé, on restera complètement extérieur à cette musique.

Un peu plus proche de nous, on trouve ensuite Michel Waisvisz et Jan St Werner (fondateur de Mouse on Mars et membre de Microstoria avec Markus Popp). St Werner est sobrement assis derrière son laptop. Waisvisz quant à lui s’approprie deux poignées pleines de boutons et capteurs. Le premier commence à jouer quelques nappes oscillantes, on reconnaît ces sonorités de laptop, nous sommes en terrain connu mais dans un style bien plus sage que Oval. Les perturbations sonores seront produites par Waisvisz qui manipule ces deux poignées de façon assez théâtrale. Il s’amuse, et le lien entre les gestes et la musique est assez clair. Il produit pour sa part toute sorte de bruitages assez durs, souvent proche d’une sorte de crissements numériques et autres déferlantes bruitistes. Plus tard ce sont des rythmiques quasi bruitistes qu’il produira avec un sampler ou autre module électronique pour batteur. Un concert d’une grosse demi-heure, plutôt plaisant.

Deuxième partie de soirée avec tout d’abord Carl Stone. Capable de faire des concerts très différents, il était difficile de faire le moindre pari sur ce qu’il allait nous proposer ce soir. Il commence par un chant traditionnel asiatique, puis une boucle triturée d’une mélodie d’instrument à corde (japonais ?). On passe de la douceur à une musique fracturée, hachée, où les éléments s’emmêlent : apparition de claquements de main, retour du chant qui subit le même traitement, et plus on s’enfonce dans le temps, plus la musique se fait abstraite. Dans un deuxième temps, Carl Stone profitera sobrement des possibilités de spatialisation qui lui sont offertes, en diffusant le même sample à tour de rôle sur plusieurs enceintes réparties dans toute la salle. D’autres sons font ensuite leur apparition, jusqu’à envahir l’ensemble de l’espace sonore en une sorte de nappe-drone. Riches applaudissements, un set bien construit, mais qui aurait gagné à être retravaillé un peu : quelques passages un peu longs et enchaînements mal maîtrisés.

Oval ne se fait pas attendre. Il arrive sur scène apparemment un peu stressé, quelques mimiques nous inquiètent, il semble avoir détecté un problème technique. En fait pas du tout, on avait juste oublié le comportement assez particulier de Markus Popp, son style maniéré, précieux lorsqu’il tourne un bouton de sa console de mixage ou lorsqu’il passe de celle-ci à son laptop. On se dit qu’il va nous énervé, mais heureusement la musique l’emporte et l’on fait vite abstraction de ces petits détails. On n’aura par contre pas vraiment l’impression d’écouter une création : le style de l’artiste est bien là, aucune différence véritablement notable avec ses concerts de 2001 ou 2003, on est en terrain connu, balisé mais gardé puisque personne n’est venu jusque là empiéter sur ses plate-bandes. En même, on ne s’en plaint pas : concert parfait de bout en bout, ramassé sur une trentaine de minutes, dense, affirmé. Rien à redire, du pur plaisir.

Pour finir cette deuxième soirée, Kasper T. Toeplitz, pour sa première apparition puisqu’il devait également se produire dimanche en présentant Elemental II d’Eliane Radigue. En fait on sera déçu de le voir voir a peu près la même chose que pour Elemental II qu’on l’avait déjà vu interpréter. Une petite demi-heure de souffles, subtiles variations mais moins nombreuses que sur la pièce d’Eliane Radigue, ce Lärmesmitte n’apporte rien de plus. la technique est la même, le langage sonore est le même, et quitte à le voir dans cette configuration (interprétation à la basse + traitement en direct par le laptop), on préférerait le voir utiliser de nouvelles sonorités, aborder un autre style. Il s’agit ici toujours d’une ambient assez extrême qui peut facilement ennuyer et susciter au mieux questionnement.

Fabrice ALLARD
le 19/03/2006

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