Alva Noto / Kangding Ray

 date du concert

04/02/2006

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 tags

Alva Noto / Centre Pompidou / Kangding Ray

 liens

Alva Noto
Kangding Ray
Centre Pompidou

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C’est toujours avec un certain plaisir que l’on retrouve l’Allemand Carsten Nicolai, même si l’on regrette parfois le manque d’évolution d’une fois sur l’autre. Ce n’était heureusement pas le cas ce soir puisqu’il nous présentait son nouveau projet répondant au nom de Xerox. Par ailleurs, la première partie était assurée par une nouvelle signature sur son label Raster Noton, avec un français, David Letellier, jouant sous le nom de Kangding Ray.

Cette présentation servait aussi de promo en vue de l’album à venir de Kangding Ray (sortie prévue pour avril). En fait on avait un peu l’impression que le maître présentait l’élève. On n’est guère surpris à l’écoute des premières notes du Français, dans une droite lignée click’n cut, avec la finesse et la précision qui caractérise le genre. La différence avec Alva Noto réside dans l’utilisation de mélodies sur cet échafaudage rythmique qui se suffit chez l’Allemand. La musique de Kangding Ray est du coup beaucoup plus facile d’accès et pourra séduire un public non habitué de ce genre d’expérimentations. Il lâche de temps en temps son ordinateur pour tapoter une rythmique sur un sampleur, le rapport entre le geste et le son est alors immédiat, et là aussi on obtient une prestation live un peu plus proche de ce que peut attendre un public non averti. Enfin, comme pour Alva Noto, Kangding Ray se fait accompagner de visuels, formes géométriques réagissant en direct aux sonorités produites.
Globalement un concert plaisant, mais sans grande surprise, a mi-chemin entre electronica mélodique et click’n cut.

C’est ensuite au tour d’Alva Noto de nous présenter Xerox. Là par contre on est tout de suite surpris par le changement de ton. Carsten Nicolai qui nous avait habitué aux micro-sonorités électroniques, aux clicks et basses, semble être ici parti d’une feuille blanche pour ce nouveau projet. Au lieu de cette précision chirurgicale, Xerox est une pièce d’environ 45 minutes sans le moindre silence, toujours brouillée par des souffles grésillants, crissements de modems ou d’imprimantes matricielles accélérées. De ce bruit, s’extirpent de superbes mélodies souvent mélancoliques. On est transporté dans un univers à la fois beau et dur. Les mélodies sont parfois cristallines, comme des tintements, et c’est une déferlante numérique qui tourne autour des notes, flirte avec elles, les enrobe, les cache pour mieux les dévoiler ensuite. Des drones menaçant parfois, des boucles de nappes en suspend, et on se prend à penser à Fennesz dans la manière de produire cette mélancolie bruitiste.
Le concert s’achèvera par une belle montée de nappes mélodiques, et sur l’écran en fond de scène les projections continuent d’évoluer, à la manière d’un champ d’étoiles qui dansent au gré du son. De toute beauté.

Fabrice ALLARD
le 25/03/2006

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