Japanese Performers : Acid Mothers Temple / Rei Harakami

 date du concert

17/06/2006

 salle

Cité de la Musique,
Paris

 tags

Acid Mothers Temple / Cité de la Musique / Rei Harakami

 liens

Acid Mothers Temple
Cité de la Musique

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Dernière soirée de la série Japanese Performers à la Cité de la Musique, avec ce soir DJ Konishi Yasuharu fondateur du groupe Pizzicato Five, Rei Harakami pour une séance d’electronica mélodique, et en tête d’affiche Acid Mothers Temple que l’on n’avait pas vu depuis un petit moment maintenant.

Étonnamment c’est Acid Mothers Temple qui ouvre la soirée. Le concert vient de commencer quand on rentre dans la salle, et on est très surpris par ce que l’on entend : gentille mélodie de guitare, accompagnement évoquant une flûte chargé de mettre en place la dimension psychédélique du combo, puis croisement de chants. L’un chantant de façon relativement classique pendant que les autres sont plus proches de couches d’incantations. Il s’agit bien d’Acid Mothers Temple, mais on est surpris par ce début de concert que l’on n’attendait pas aussi classique. Par contre le groupe profite pleinement de la grande scène : les deux batteurs au fond, le bassiste à gauche, Makoto Kawabata sur la droite (alors que dans notre souvenir il était l’élément central du groupe), et Hiroshi Higashi au milieu, alternant entre clavier et guitare, mais faisant figure de maître de cérémonie, impressionnant avec ses longs cheveux blancs, sa tunique, ses grands mouvements accompagnant la musique et donnant l’impression qu’il va s’élever dans les airs pendant le concert (on ne serait d’ailleurs même pas surpris que ça arrive !!).
Après environ 10 mn qui en paraîtront 20, on en a marre, on se lasse de cette joliesse, de ce psychédélisme d’apparat, déçu. On leur laisse une petite chance, et finalement, sans prévenir, débarque une salvatrice fulgurance rock. Kawabata joue les guitar hero, et ça nous amuse. C’est le grand show, guitare pointant vers les projecteurs, Higashi en transe, éclairages qui s’emportent, tout le monde décolle. Et puis comme c’est arrivé, tout s’arrête, la petite mélodie de guitare du début reprend son rôle, brièvement, avant un surprenant passage kaléidoscopique, peut-être le plus intéressant du concert, entre free jazz, musique concrète, expérimentations électroniques abstraites, et musique classique contemporaine. Pour finir, un dernier déluge de guitare de la part de Kawabata, toujours stupéfiant, mais donnant l’impression d’être un passage obligé.
La deuxième partie durera un peu moins longtemps, 20mn, et débutera par une courte intro aux incantations mystiques, guitares flottantes et bidouillages électroniques. Et puis rapidement une nappe grave enveloppe l’espace, les batteries donne le tempo, soutenu, et une boucle prend forme, apparemment produite par une guitare mais qui nous rappellera les fameuses basses électroniques acides. Ça fonctionne à merveille, une véritable tornade sonore qui emporte tout sur son passage, une musique qui auraient parfaitement collé à une bande annonce actuellement sur tous les écrans : Fast and Furious : Tokyo Drift avec dérapages de voitures et vrombissements de moteur pendant que tout le monde pousse des grognements psychédéliques. Bien sûr ça ne dure pas assez longtemps (à notre goût) et Kawabata repart dans son trip guitar hero. La dimension rock prend le dessus avec un jeu qui nous semblera plus ou moins contrôlé, notamment quand il fera tourner sa guitare dans les airs à la manière de "la denrée" dans La soupe aux choux (l’auteur vient de perdre le peu de crédibilité cinématographique qu’il possédait, mais l’image lui parait explicite...). Une dizaine de minutes bien rock et fin du spectacle. Globalement plaisant et en tout cas efficace.

Petite pause et on revient dans la salle pour Rei Harakami que l’on découvrait à cette occasion. Le set commence tout juste quand on arrive, et déjà une partie du public est assis parterre. On fera rapidement la même chose en appréciant la teneur des premières notes. De l’electronica mélodique pour résumer, douce, jolie, relevée de rythmiques non moins soignées. C’est très agréable, ça berce, ça peut potentiellement plaire à tout le monde dans la mesure ou cette musique n’a rien de véritablement expérimentale, et où les mélodies font mouche à tous les coups. Juste un petit bémol : étant placé assez loin de la scène, on ne verra pas très bien en quoi consistait la performance de Harakami, mais nous avions l’impression qu’il ne s’agissait que d’un DJ set...
Étant avant tout sensible au plaisir provoqué par cette musique, on se serait bien laissé faire pendant l’heure que devait durer ce set, mais nous devions nous éclipser à mi-parcours : direction le Centre Pompidou pour y voir Pan Sonic et Alter Ego.

Fabrice ALLARD
le 26/06/2006

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