Mogwai / Kid 606

 date du concert

26/09/2006

 salle

Olympia,
Paris

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 liens

Olympia

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Six mois après un Mr. Beast nettement plus convaincant que leurs deux précédents albums (ces disques sur lesquels un seul morceau était vraiment digne d’eux), les Écossais de Mogwai passèrent, dans le cadre de leur seconde tournée française 2006, par l’Olympia. Devant une salle plutôt bien remplie, Kid606 fut tout d’abord chargé d’assurer la première partie.

Installé derrière son laptop, Miguel Manuel De Pedro débuta son set par de puissantes infra-basses, propres à faire vibrer le sol de l’Olympia, mêlées à de sombres nappes, des sonorités métalliques et des rythmiques qui se firent au fur et à mesure plus présentes pour des titres alternant passages anxiogènes et moments plus mélodiques. Après quatre ou cinq morceaux de ce genre, des chants hip-hop furent insérés, excellent contrepoint des instrumentaux avant d’en venir à des titres aux pulsations plus appuyées, presqu’à destination des dance-floors. Enfin, pour les trois derniers morceaux, retour vers les ambiances sombres du début afin de clore une prestation peut-être un peu longue (40-45 minutes) et un peu trop conforme à ce qu’on attendait, mais suffisamment variée pour emporter le morceau au final.

Place ensuite au quintet attendu par un public bigarré et plutôt connaisseur. Après deux minutes d’introduction sans musicien, les membres du groupe prirent place pour, d’entrée, donner le ton avec l’imparable et classique Xmas Steps. Assez rapidement pourtant, un sentiment naquit et ne nous quitta pas pendant les près de deux heures du set : les morceaux de post-rock épique furent assez en-dessous de ce à quoi les Écossais nous avaient habitués. La conjugaison d’effets de lumière (ces sempiternels rayons horizontaux partant du fond de la scène et destinés à découper les silhouettes des musiciens) et d’éléments pyrotechniques trop fréquemment utilisés en rajouta dans la dimension mystique, que l’attitude un rien poseuse des membres du groupe, batteur excepté (quand ils s’alignaient, fiers et droits, sur le devant de la scène) ne dissipa en rien. Malvenue, cette posture nous laissa un goût amer qui revint à chaque morceau opérant dans ce genre (Summer, Ratts of the Capital, Glasgow Mega-Snake, Helicon 1, We’re no Here, joué en troisième morceau de rappel et non avant à cause de problèmes sur la guitare de Barry Burns). En revanche, dès que l’atmosphère s’apaisait, que Mogwai sortait de ce pré carré du post-rock épique (morceau sans batterie, guitare jouée avec e-bow, présence de quelques triturations électroniques, climat plus proche de l’ambient), on adhérait nettement plus au propos ainsi développé : Acid Food, 2 Rights Make 1 Wrong (décidément notre titre préféré de toute la carrière du groupe qui, malgré ses atours épiques, opère suffisamment de circonvolutions pour ne pas être réduit à ce genre musical) ou Black Spider. Une prestation pas complètement convaincante donc, en définitive, probablement le set le moins enthousiasmant de ceux qu’on a vu jusqu’à présent des Écossais.

François Bousquet
le 27/09/2006

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