Helios / Deaf Center

 date du concert

30/09/2006

 salle

Planétarium,
Bruxelles

 tags

Deaf Center / Goldmund / Helios / Planétarium / Svarte Greiner

 liens

Deaf Center
Goldmund
Helios
Planétarium

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Dans le cadre de la nuit blanche bruxelloise, l’association VK proposait une soirée consacrée au label londonien Type Records à laquelle étaient conviées deux des meilleures formations de la structure menée par John Twells : Helios et Deaf Center. Ajoutons à cela que l’ensemble était programmé au Planétarium de la capitale belge, située à quelques hectomètres de l’Atomium et on comprendra aisément pourquoi un tel événement était absolument immanquable.

Aux côtés d’un public de connaisseurs (les t-shirts Boards of Canada y faisaient florès), on prend place dans d’inconfortables fauteuils (le Planétarium parisien est nettement plus accueillant à cet endroit, avec ses sièges s’inclinant presqu’à l’horizontal) pour assister en premier lieu à la prestation de Deaf Center. Plongés dans une quasi-obscurité, les Norvégiens, rivés derrière leurs laptops, nous offrirent un set d’ambient hautement évocatrice. Servis par des projections alternant vues d’iceberg et de dunes et panoramas du ciel plus conformes à ce qu’on attend dans un Planétarium (constellations, lune, étoiles), les deux musiciens installèrent plages profondes et nappes ondoyantes, superposant des textures parfois plus lumineuses mais la plupart du temps parées d’une lumière noire. Sans tomber dans une dimension anxiogène, l’ambient de Deaf Center y préfère l’obscurité insondable, à l’image de l’univers projeté sur le dôme de la salle, ce pointillisme étoilé s’avérant cependant un rien trop cohérent, à la limite du sur-signifiant. Petite réserve qui toutefois ne gâcha en rien une très convaincante prestation.

Après un bon quart d’heure de battement, place à Helios pour un set où Keith Kennif était accompagné de son frère. Jouant tous les deux de la guitare sur les deux premiers titres, les États-uniens mêlèrent des lignes mélodiques réverbérées pendant que des pulsations programmées permettaient de structurer le tout pour un résultat à mi-chemin entre l’electronica-shoegazing et le post-rock. Utilisant parfois une véritable batterie afin de renforcer la rythmique et de souligner plus encore le caractère “direct” de sa musique, Helios nous transporta de bonheur. Néanmoins, l’intégralité de la prestation ne fut pas d’une égale magnificence puisqu’on fut un petit peu déçu par les titres où une des deux guitares était délaissée au profit d’un clavier séquenceur, destiné à mettre en place des nappes plus distinctes. Fort heureusement, ces morceaux furent minoritaires et placés en milieu de set, si bien que le duo termina par de nouveaux sublimes titres. Au niveau des projections, on fut agréablement surpris, ayant un instant craint de revoir les mêmes que lors du concert de Deaf Center : en effet, ce furent des vignettes nettement plus organiques qui furent présentées (arbres, algues, buissons, minéraux) et les constellations se firent moins présentes. Là encore, l’image s’accordait avec le son (rapport aux éléments plus présents, absence de caractère ténébreux de la musique) mais on trouva cette adéquation moins appuyée qu’une heure auparavant. Bref, après nous avoir offert, avec Eingya, l’un des albums de l’année, Helios venait de réaliser ce qui restera assurément comme l’un des concerts de l’année.

François Bousquet
le 02/10/2006

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