Aki Onda / Kan Mikami / Kazuki Tomokawa

 date du concert

08/11/2006

 salle

Imprimerie 168,
Paris

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 liens

Kazuki Tomokawa
Aki Onda

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La soirée débute avec Aki Onda, dandy nonchalant en costume de velours beige et chemise à fleurs. De vieux établis de bois grossier (qui rappellent la fonction première du lieu, avant la gentrification) supportent son matériel : des classeurs de cassettes, une mixette et un enchevêtrement de fils. Tout ce barda produit des modulations sur les sons des cassettes, formant une mélopée. On a l’impression d’une superposition de sons (par enregistrements successifs sur la bande d’une même cassette ?), au mieux reconnaît-on quelques cuicuis d’oiseau, mais les bruits sont fondus dans un flux liquide. Cependant il arrive toujours à reconstruire un rythme. Il chaloupe doucement en suivant le tempo, un magnétophone à la main, dont il déclenche l’avance rapide comme l’on scratche un vynil.

Kan Mikami. Pas grand, un air de vieux rocker avec son crane rasé et ses Doc bordeaux aux pieds. L’équipement est minimal : un gros ampli, une guitare gretsch demi-caisse. Il observe le même rituel avant chaque chanson : au fond de la scène, il plaque quelques accords en se balançant d’un pied sur l’autre, pour rentrer dans le rythme à venir. Il y a comme une phase où il a besoin de rentrer dans le contexte de la chanson, un peu comme un acteur qui aurait besoin de se mettre dans la peau du personnage. Il s’approche ensuite du micro, et crie, sussure ou contrefait des accents. Même sans comprendre la langue, cela reste étonnament expressif. Au fil des chansons il se décontracte, semble apprécier le retour positif du public, on ne l’arrêtera plus pendant 1h20.

Kazuki Tomokawa attendait depuis longtemps au bord de la scène en serrant un dossier rouge dans ses bras. Il jouera assis, après avoir déposé ses partitions sur un pupitre. En costume noir sur chemise noire, il a une allure de vieux beau fatigué. Son roadie prépare la bouteille de whisky et la carafe d’eau en marge de la scène, cela renforce cette image. Bon en fait il nous faudra attendre le premier interlude (le voir vider ses poches à la recherche d’un capodastre, lancer des "drinku, drinku !" pour que son roadie lui porte un verre) pour nous rendre compte qu’il est fait comme un cochon. Les partitions ne devaient lui servir que pour se rassurer, elles s’envolent du pupitre et viennent nager dans le whisky répandu sur l’estrade, et cela ne l’empêche pas de continuer ses chansons. Il crie ses textes, s’appuie sur sa guitare sèche, tape du pied (pas pour battre le rythme doucement, mais franchement, comme une percussion qui fait partie de la musique). Il parcourt son répertoire, reprenant même "Circus", que l’on trouvait déjà en 1979 sur ce qui est parfois considéré comme son plus beau disque : Inu.

Bertrand Le Saux, Soizig Le Calvez
le 12/11/2006

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