Festival Octopus 2007 : Monolake / Jacques Rémus + Rolf Sudmann

 date du concert

19/01/2007

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 tags

Centre Pompidou / Festival Octopus 2007 / Monolake

 liens

Monolake
Festival Octopus 2007
Centre Pompidou

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Comme tous les ans, on se déplace pour le festival Octopus, mais on ne verra cette année que la soirée du Centre Pompidou, motivée en grande partie par la présence de Monolake que l’on trouve un peu trop rare sur scène. On était pourtant assez tenté par Orbes, la veille à Mains d’Oeuvres, et Jacques Dudon le lendemain au Point Éphémère qui transforme la lumière en sons.

La soirée débute avec deux savants fous, Jacques Rémus et Rolf Sudmann. Le premier crée des machines musicales, sortes de robots mécaniques dont certains sont assez étonnants, mais dont le résultat ne nous étonnera guère. Comme trop souvent dans cette thématique des inventeurs d’instruments, on a affaire à une prouesse technique ou technologique qui n’est pas forcément mise au service de la musique, de la création sonore (c’est d’ailleurs pourquoi le concert de Jacques Dudon nous aurait a priori plus intéressé). La musique mécanique avec ici le Concertomatique (ensemble de machines reconstituant un orchestre avec des vents, percussions, orgues), se contente trop souvent de simplement automatiser des tâches, jouer des partitions préprogrammées avec la même rigueur qu’un ordinateur, et certains diront avec la même froideur.
Ce soir, les machines alterneront entre automatisme et pilotage par la Caméra Musicale. Il s’agit d’une caméra placé en hauteur au dessus de Jacques Rémus qui, en bougeant ses mains devant celle ci, déclenche des sons et des ordres aux machines. Le côté "magique" de la chose passera assez vite : donner des ordres sans contact n’est d’une part pas nouveau, et très à la mode. Par ailleurs, Rolf Sudmann qui partage la scène avec Rémus est là avec son Thérémine pour nous rappeler que faire de la musique sans contact est possible depuis près d’un siècle, avec un jeu tout en douceur, et une certaine poésie. Il passera ensuite au Trautonium ou plus précisément au Mixtur-Trautonium, version duophonique de cet instrument qui ne nous fera malheureusement pas vibrer, peut-être en raison d’une utilisation apparemment assez ardue et limitée.
Bilan mitigé donc pour cette prestation un peu trop démonstrative.

On enchaîne avec Monolake pour une performance assez étonnante. On savait déjà que Monolake était derrière le développement du logiciel Ableton Live (plus précisément, c’est Gerhard Behles, moitié originelle de Monolake qui assure le développement alors que Robert Henke produit sa musique sous le nom de Monolake). Ce soir il nous présente Atlantic Waves IV, un séquenceur pour improvisation via internet. Robert Henke est sur scène, un ami à lui est en studio à Berlin avec le même logiciel. Ils sont connectés et agissent sur la même interface. L’un ajoute une note, l’autre un effet, une autre note ou supprime celle de son comparse, le tout avec une interface graphique minimaliste : pas de vus-mètres, pas de boutons à tourner, rien que des cases qui se remplissent de carrés bleus pour les notes ajoutées par Henke, ou jaunes pour son partenaire de jeu à Berlin. Telle case signifie que la piste n’est pas jouée, telle autre permet de jouer la piste à l’envers, une autre permet de choisir et activer des effets.
Le logiciel à l’air facile de prise en main, et particulièrement ludique. Projeté en fond de scène, le spectateurs voient la musique de faire et se défaire avec une dimension ludique : chacun peut effacer la grille qui sert d’interface, balancer des carrés rouges qui viennent brouiller l’écran de son partenaire devenu adversaire, et autres coups spéciaux. Musicalement, ça reste du Monolake, débutant par une ambient expérimentale, s’orientant vers le dub puis la techno minimale, le tout dans une bonne ambiance : une zone de l’interface permet de discuter avec l’autre musicien, tout le public profitant de l’humour des deux Allemands. Robert Henke au téléphone en train de donner son adresse IP à son collègue afin de rétablir une connexion perdue, et lors d’un rappel techno devenu chaotique, Henke de proposer "Il vaut peut-être mieux s’arrêter là, non ?" et l’autre de répondre "Pourquoi ???".
On appréciera cette improvisation avec deux musiciens qui ne se voient pas mais qui jouent la même partition, et on regrettera globalement une certaine surcharge là ou l’épure aurait été préférable. En effet ils disposaient de 15 pistes, trop souvent toutes utilisées simultanément.

Fabrice ALLARD
le 28/01/2007

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